‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 215 sur 566 · ACTE 'C'INQÙiÈME · texte numérisé non relu

ACTE 'C'INQÙiÈME

Ç 9J197000 !jiiU;il miii'b .vanno?qoo3 »f awor ! ioui) , ,,1 S G E N E 4fl^ jj ^ jûJnsJ ii6f0.!.;'m nn •

Jnoflio^BHlTkNNlCUS ,' JG«N«Î»' ^""«^ '' ' ^'"^, ^ " ,. ' )n;)ni« . . i vuo'l ,iu9n§i&« , eni'' ïiriuùH

BRITANNICU*,;^;,

Oui, madame, Néron (qui l'aurait pu penser ?},.r{^ ^dv^rruo J»'>

Dans son appartement m'attend pour m'embrasser-i, rn n fl!! f

Il y fait de sa cour inviter la jeunesse ;

Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse

Confirment à leurs yeux la foi de nos serments.

Et réchauffent l'ardeur de nos embrassements.

Il éteuit cet amour source de tant de haine ;

11 vous fait de mon sort arbitre et souveraine.

Pour moi , quoique banni du rang de mes aïeux ,

Quoique de leur dépouille il se pare à mes yeux ,

Depuis qu'à mon amour cessant d'être contraire

11 semble me céder la gloire de vous plaire ,

Mon cœur, je favouerai , lui pardonne en secrei t ."''^ '*'. . Et lui laisse le reste avec moins de regret. '"3;«i'»9' e'i

Quoi ! je ne serai*plus séparé de vos charmes ! ' ^^"^ ^"'^^ Quoi! même en ce moment je puis voir sans alari^ ^ .^^^ Ces yeu\ que n'ont émus ni soupirs ni terreur, '=' ; f'"^ Qui m'ont sacrifié l'empire et l'empereur ! ; "^ ^" 8 ,no»a/! Ah, madame !... Mais quoi ! quelle nouvelle ëriaïnie ^ '"' Tient parmi mes transports votre joie en contrainte : D'où vient qu'en m'écoutant, vos yeu\ , vos tristes yeux,. Avec de longs regards se tournent vers les cieux ? Qu'est-ce que vous craignez ? "^ - ■ - - i • .. -j - ^- ^illl■.lao/^ /ùc ■•'''■''iÙii'M'i "9 9mèm-ii/I lonnof» oz k ;.xîi..di xmi^fpj^ny^gmg^iaar A

Mais je crains. ^''«;IoI>» "<> "P i^' ' ~> ■'a*'^^"' *-

■ "'"'■''' '"-â^imàoéi • ^-"^- - '- ^"f ^""^

Vous m'aimez? ''^ ^^^ •"' ''"^^ nadoBn* iaoT •

. .i ,. ... junfÊ','' *^'f êfiq ^yov-N^^fno'f en îiJa

** flèlâs ! si je vous adme !

Néron,ne .trouble plus notre félicité. -^ :

JUNIE

Mais me répondent vous 4e sa sincérité ? ') ^

BRITANMCUS.

Quoi! vous le soupçonnez d'trae-hîdne couverte?

JUISIE. ,

Néron m'aimait tantôt, il jurait votre perte;

Il me fuit , il vous chew^e : un si grand changement

Peut-il être, seigneur, l'ouvrage d'un moment?

BKITANWICCS.

Cet ouvrage, madame, est un coup d'Agrippine : >«"fiï«ûï . i"P Elle a cru que ma perte entraînait sa ruine. • ■"'W "^ sneQ Grâce aux préventions de son esprit jaloux , ^""^ ^ ^^ *'*'• T '1 Nos plus grands ennemis ont combattu pour ril)iiy{''> ^"P ^"î»^ ^I Je m'en fie aux transports qu'elle m'a fait paraître^ *"^"'''fl"t»^ Je m'en fie à Burrhus : j'en crois même son maîtréf '^"*'^^^'' *3l Je crois qu'à mon exemple , impuissant à trahir, "^ *^'' *«ïsJà Jl II hait à cœur ouvert , ou cesse de haïr. - ■ ^^ ^"J* «ooy JI

jUNiE. f)apiox»p j ionnuo*!

Seigneur, ne jugez pas de son cœur par le vdt^{"'^i ^^ aupiooP Sur des pas différents vous marchez l'un et l'autre «'"P «Jwqsû Je ne connais Néron et la cour que d'un jour, ■-"'->'■' *F sWa'iW U

.f, ^'.Jf

262 BRITANMCUS.

Mais, si j'ose le dire , hélas ! dans cette cour ' ' ' ' Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense Que la bouche et le cœur sont peu d'intelligence' ' '. ' "; Avec combien de joie on y trahit sa foi ! ''^'" '* '^"•*^ ^^ Quel séjour étranger et pour vous et pour moi !

BniTANNICUS.

Mais, que son amitié soit véritable ou feinte,

Si vous craignez Néron, lui-même est-il sans crainte?

Non, non, il n'ira point, par un lâche attentat,

Soulever contre lui le peuple et le sénat.

Que dis-je? il reconnaît sa dernière injustice;

Ses remords ont paru, même aux yeux de Narcisse.

Al^! s'il vous avait dit , ma princesse , à quel point...

'■■■'■ ''•'.' JUKiB.'» i^-'' '■:'.': Mais Narcisse , seigneur, ne vous trahit-il point ?

BRITANNICUS

Et pourquoi voulez- vous que mon cœur s'en défie ?

JUNIE

Et que sais-je ? il y va , seigneur, de votre vie : Tout m'est suspect : je crains que tout ne soit séduit; Je crains Néron ; je crains le malheur qui me suit. D'un noir pressentiment malgré moi prévenue , Je vous laisse à regret éloigner de ma vue. , ,, , Hélas! SI cette paix dont vous vous repaissez ,, ' ,,^,

Couvrait contre vos jours quelques pièges dressés*, ,,

Si Néron , irrité de notre intelligence , , ,

Avait choisi la nuit pour cacher sa vengeance ; S'U préparait ses coups tandis que je vous vois ; Et si je vous parlais-pour la dernière fois ! Ah, prince! -'> ' - -- ■ ;.!••;

BRITANNICUS

Vous pleurez ! Ah, ma chère princesse ! Et pour moi jusque-là votre ç(cur s'intéresse ! Quoi ! madame , en un jour où, plein de sa grandeur Néron croit éblouir vos yeux de sa splendeur. Dans des lieux où chacun me fuit et le révère , Aux pompes de sa cour préférer ma misère ! Quoi! dans ce même jour et dans ces mêmes lieux Refuser un empire, et pleurer à mes yeux ! Mais , madame , arrêtez ces précieuses larmes ; Mon retour va bientôt dissiper vos alarmes .

Page 1