‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 336 sur 566 · ACTE JI, SCÈ>E VI. i · texte numérisé non relu

ACTE JI, SCÈ>E VI. i

Qu'au soin que vous prendrez de m'éviter toujours.

XIPUAHÈS.

Quelle marque, grands dieux, d'un amour déplorable

Combien , en un moment , heureux et misérable !

De quel comble de gloire et de félicités

Dans quel abîme affreux vous me précipitez !

Quoi ! j'aurai pu toucher un cœur comme le vôtre ,

Vous aurez pu m'aimer ; et cependant un autre

Possédera ce cœur dwit j'attirais les vœux !

Père injuste, cruel, mais d'ailleurs malheureux !...

Vous voulez que je fuie et que je vous évite;

Et cependant le roi m'attache à votre suite.

Que dira-t-il !

UOMUE.

N'importe , il me faut obéir.

Inventez des raisons qui puissent l'éblouir. D'un héros tel que vous c'est là l'effort suprême : Cherchez , prince , cherchez , pour vous trahir vous-même , Tout ce que , pour jouir de leurs contentements , L'amour fait inventer aux vulgaires amants. Enfin , je me connais , il y va de ma vie : De mes faibles efforts ma vertu se défie. Je sais qu'en vous voyant un tendre souvenir Peut m'arracher 'du cœur quelque indigne soupir ; Que je verrai mon âme , en s«cret déchirée , Revoler vers le bien dont elle est séparée -. Mais je sais bien aussi que , s'il dépend de vous De me faire chérir un souvenir si doux , Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée N'en punisse aussitôt la coupable pensée , Que ma main dans mon cœur ne vous aille chercher Pour y laver ma honte et vous en arracher. Que dis-je ? en ce moment , le dernier qui nous reste , Je me sens arrêter par un plaisir funeste -. Plus je vous parle , et plus , trop faible que je suis Je cherche à prolonger le péril que je fuis. Il faut pourtant , il faut se faire violence ; Et , sans perdre en adieux un reste de constance , Je fuis. Souvenez-vous , prince , de m'éviter; Et méritez les iileurs que vou£ m'allez coûter

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XIPHAUÈS.

Ah, madame! ... Elle fuit, et ne veut plus m'en tendre. .Malheureux Xipharès , quel parti dois-tu prendre ? On t'aime ; on te bannit -. toi-même tu vois bien Que ton propre devoir s'accorde avec le sien. Cours par un prompt trépas abréger ton supplice. Toutefois attendons que son sort s'éclaircisse ; Et s'il faut qu'un rival la ravisse à ma foi , Du moins en expirant ne la cédons qu'au roi.

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