‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 34 sur 566 · ACTE rV', SCENE ID · texte numérisé non relu

ACTE rV', SCENE ID

Et, venant de si loin, vous devez commencer : Commencez , Polynice, embrassez votre frère; Et montrez...

ÉTÉOCLE

Hé, madame ! à quoi bon ce mystère?

tous ces embrassements ne sont guère à propos : Qu'il parle , qu'il s'explique , et nous laisse en repos.

POLYNICE. " ''i'^i»

Quoi! faut-il davantage expliquer mes pensées? On les peut découvrir par les choses passées : La guerre , les combats , tant de sang répandu , Tout cela dit assez que le trône m'est dû .

ÉTÉOCLE

Et ces mêmes combats , et cette même guerre , Ce sang qui tant de fois a fait rougir la terre , Tout cela dit assez que le trône est à moi ; Et , tant que je respire , il ne peut être à toi.

POLYNICE

Tu sais qu'injustement tu remplis cette place.

ÉTÉOCLE

L'injustice me plaît pourvu que je t'en chasse.

POLYNICE

Si tu n'en veux sortir, tu pourras en tomber.

ÉTÉOCLE

Si je tombe, avec moi tu pourras succomber.

JOCASTE

0 dieux ! que je me vois cruellement déçue !

N'avais-je tant pressé cette fatale vue

Que pour les désunir encor plus que jamais.'

Ah , mes fils! est-ce là comme on parle de paix?

Quittez , au nom des dieux , ces tragiques pensées ;

Ne renouvelez point vos discordes passées :

Vous n'êtes pas ici dans un champ inhumain.

Est-ce moi qui vous mets les armes à la maui ?

Considérez ces lieux où vous prîtes naissance-,

Leur aspect sur vos cœurs n'a-t-il point de puissance?

C'est ici que tous deux vous reçûtes le jour;

Tout ne vous parle ici que de paix et d'amour :

Ces princes , votre sœur, tout condamne vos haines;

Enfin moi , qui pour vous pris toujours tant de peines ,

Qui, pour vous réunir, immolerais... Hélas!

^4 I^ fJRl^piS ^NNEWS.

Us détournent la tête , et ne m'écoutent pas ! ,^^ r^iro , iyO Tous deux pour s'attendrir ils ont l'àme trop du£<^ôçn-ioK ns ne connaissent plus la voix, de la nature ! y^yg taoJ A ( A Polynice. ) . i^iG 9liiie tuoT

Et VOUS , que je croyais plus doux et plus soutoj^f(j,o«i9q J3

POLYNICE. :>n0finB'l9t9l

Je ne veux rien de loi que ce qu'il m'a promis ,:^ „j 9op m i? Il n* saurait régner sg^ns se rendie parjor^ .,,^515 ,oî-9iînoF

JOCASTE

Une extrême justice est souvent une injure.-r .-->. ,-,,.- p. Le trône vous est dû , je n'en saurais douter ; -, ^

Mais vous le renversez en voulant y monter. ^.,,^1

iNe vous lassez-vous point de cette affreuse guerre* ,^,3 ^j 9,, Voulez-vous sans pitié désoler cette terre,,,., ,. ,..^.j gj gj 9I Détruire cet empire afin de le gagner ? Est-ce donc sur des morts que vous voulez ré§i;^ï^^^.jg^ÊH Thèbes avec raison crmnt le règne d'un pruice^^anajnmoo ja Qui de fleuves de sang inonde sa province : - s^igiios 9/1 Voudrait-elle obéir à votre injuste loi? ■-èblsnoO,

Vous êtes son tyran avant qu'être son roi. ,.k ;;-

Dieux ! si devenant grand souvent on devient pire , Si la vertu se perd quand on gagne l'empire , ^^^^ ^^ .^^ ,; Lorsque vous régnerez , que sere/.-vous , ^^^'ias-^^joT aopeii»^. Si vous êtes cruel quand vous ne régnez pas?,^,^ ^uasam 1^0

Ah ! si je suis cruel , on me force de l'être ; .. , „.,,, „,,'/, Et de mes actions je ne suis pas le maître . ^ ,.

J'ai honte des horreurs où je me vois contraint-,^^ ^ ^^ ^^^ Et c'est injustement que le peuple me craint. ^'^^^ ^^ ,yg^ fl Mais il faut en effet soulager ma patrie ; „,. ^^^^ gj ,^ De ses gémissements mon âme est attendrie. geifidiea

Trop de sang innocent se verse tous les jours ;^^^j^^ ^y^ ^^^^ Il faut de ses malheurs que j'arrête le <^ouvs;,^^ .aowdïcâ Et , sans faire gémir ni Thèbes ni la Grèce , ,,„ ^. ^,^5,, ..^^ , A Fauteur de mes maux il faut que je m'adresse : Il suffit aujourd'hui de son sang ou du mien.

' JOC.\STE

Du sang de votre frère?

'"polynice.

*6ùi , madame , du sieu :

n faut finir ainsi celte guerre inhumaine.

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