ACTE m, SCE-NE 1. à
Je l'ai rendue horrible à ses yeux ialminiiiis ; Et ce fer malheureux profanerait ses mains.
OENONE
Ainsi, dans vos malheurs ne songeant qu'à vjjs plaLidre , Vous nourrissez un feu qu'il vous faudrait éteindre. Ke vaudrait-il pas mieux , digne sang de Minos , Dans de plus nobles soins chercher votre repos , Contre un ingrat qui plaît recourir à la fuite , Régner, et de l'État embrasser la conduite.'
lUkDKE.
Moi , régner ! moi , ranger un £tat sous ma loi , Quand ma faible raison ne règne plus sur moi 1 Lorsque j'ai de mes sens abandonné l'empire ! Quand sous un joug honteux à peine je respire ! Quand je me meurs 1
OEKONE.
Fuyez. ,..: -t,,- \ y^jor
PHÈDKE. '__
Je ne le puis quitter.
OEISONE.
Vous l'osâtes bannir, vous n'osez l'éviter ?
PHÈDRE. '
Il n'est plus temps : il sait mes ardeurs insensées. De l'austère pudeur les bornes sont passées -. J'ai déclaré ma honte aux yeux de mon vainqueur-, Et l'espoir malgré moi s'est glissé dans mon cœur. Toi-même , rappelant ma force défaillante , Et mon âme déjà sur mes lèvres errante , Par tes conseils flatteurs tu m'as su ranimer : Tu m'as fait entrevoir que je pouvais l'aimer.
OEKO.NE.
Hélas ! de vos malheurs innocente ou coupable , De quoi pour vous sauver n'étais-je point capable .* Mais si jamais l'offense irrita vos esprits , Pouvez-vous d'un superbe oubher les mépris? Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissait à ses pieds peu s'en faut prosternée I Que son farouche orgueil le rendait odieux 1 Que Phèdre eu ce moment n'avait-elle mes yeux 1
PUÈDIIE.
Œuone, il peut quitter cet orgueil qui te blesse^^. ^^^,, .^..
526 PllÈDRli.
Xourri dans les forêts , il en a la nidesse. -i^-iw»??
Hippolyte , endurci par de sauvages lois , Entend parler d'amour pour la première fois •• Peut-être sa surprise a causé son silence ; Et nos plaintes peut-être ont trjp de violence.
OENONE
Songez qu'une barbare eu son sein l'a formé.
PHÈDRE
Quoique Scythe et barbare , elle a pourtant aimé.
OENOSE.
Il a pour tout le se\e une haine fatale.
PUÈDKE.
Je ne me verrai point préférer de rivale.
Enfin tous tes conseils ne sont plus de saison -.
Sers ma fureur, Œnone, et non point ma raison.
Il oppose à l'amour un cœur inacessible :
Cherchons pour l'attaquer quelque endroit plus sensible.
Les charmes d'un empire ont paru le toucher ;
Athènes l'attirait , Q n'a pu s'en cacher ;
Déjà de ses vaisseaux la pointe était tournée ,
Et la voile flottait , aux vents abandonnée.
Va trouver de ma part ce jeune ambitieux ,
Œnone ; fais briller la couronne à ses yeux ;
Qu'il mette sur son front le sacré diadème :
Je ne veux que l'honneur de l'attacher moi-même.
Cédons-lui ce pouvoir que je ne puis garder.
Il instruira mon fils dans l'art de commander ;
Peut-être il voudra bien lui tenir lieu de père ••
Je mets sous son pouvoir et le fils et la mère.
Pour le fléchir enfin tente tous les moyens ;
Tes discours trouveront plus d'accès que les micas :
Presse , pleure , gémis ; peins-lui Phèdre mourante ;
Ne rougis point de prendre une voix supphante :
Je t'avouerai de tout; je n'espère qu'en toi.
Va : j'attends ton retour pour disposer de moi.