‹ Théâtre completChapitre 74 sur 78 · SCÈNE m LUCIENNE, CLOTILDE, HELLOUÎN · texte numérisé non relu

SCÈNE m LUCIENNE, CLOTILDE, HELLOUÎN

HELLOUIN Lucienne a préféré vous recevoir ici.

CLCTILDE, interdite

Ah! — Comment te $en2-tu, ma chérie?

LUCIENNE

Mieux. {Timidement,) Tu es gentille d'être venue ce matin, très gentille, et je t'en remercie de tout mon cœur.

HELLOUÏN

Cîotilde ne pouvait guère agir autrement. Apre? ta crise d'hier, une amie comme elle! Et puis, est-ce que tu ne l'attendais pas?

LUCIENNE, gênée

Non... c'est-à-dire... cn5n, je l'attendais sans l'attendre. J'espérais bien sa visite... dans la journée, mais

je n'y comptais pas.

CLOTILDE Si. tout de même, Lucienne, rappelle-toi.

HELLOUÏN

Rappelle^toi, voyons! ïl ne te faudra pas un grand tÛort de mémoire... puisque tu as dit à Louis, il y a une heure, que tu n'y serais aujourd'hui que pour elle et que tu l'atiencais d'un moment à l'autre.

LUCIENNE

C'est juste. J'avais oublié.

HELLOUÏN, étangs

Vraiment? S'il en est ainsi, tu es peut-être plus souffrante encore que nous ne l'imaginons.

CLOTILDE Peut-être.

LUCIENNE, regaraani Jacques avec effarement

Qu'est-ce que tu as? Pourquoi me regardes-tu ainsi? Qu'est-ce que je t'ai fait?

HELLOUÏN, ^cchement Je ne sais pas encore.

LUCIENNE, avec effroi Jacques !

HELLOUîN. sèchement

Caîme-toil Je suis toujours le même. D'ailleurs, il ne s'agît pas de moi, en ce moment. Ton amie Clotilde s'est dérangée de très bonne heure pour te parler, pour l'apporter des nouvelles, des nouvelles que tu n'oses pas lui demander, sans doute parce que je suis là, mais que tu attends avec une impatience fébrile. Eh bien, Clotilde, soyez généreuse. Parlez. Ne faites pas languir plus longtemps votre petite amie. Dites-lui ce qu'elle est ei anxieuse de connaître.

LUCIENNE. proiesUmt Mais...

HELLOUIN, presque brutal

Ne l'empêche pas de parler, voyons.

CLOTILDE

Mon cher, cette scène bouleverse votre femme. Pour ma part, je ne me prêterai pas plus longtemps à cette comédie douloureuse. Adieu.

LUCIENNE, angoissée

Tu t'en vas?

CLOTILDE. fixant Hellouin

On me chasse.

LUCIENNE, sapplianie Clotild©!

HELLOUIN

Voyons I . . . Vous ne partirez pas sans lui avoir dit ce qu'elU a tant à cœur de savoir.

GLOTILDE

C'est ce qui vous trompe. Lucienne, je ne reviendrai plus ici. Lorsque tu seras redevenue toi-même et libre de tes actes, tu me retrouveras aussi entièrement dévouée. Jusque-là, nous ne nous reverrons plus. Quant à vous, Jacques, je vous plains de tout mon cœur.

HELLOUiN, gravement Je suis à plaindre, en effet.

LUCIENNE Tu vas la laisser partir?

Oui.

CLOTILDE

Sois courageuse, sois forte et, si tu le peux, sois heureuse.

LUCIENNE

Oh! c*«st bien fini.

CLOTILDE

Sait-on jamais?

Elle s approche d'elle, Vembrasse ei lui glisse furtivement le billet quelle a écrit. Hellouin remarque le mouvement et ne dit rien. Il sonne. Entre Louis.

HELLOUIN

Reconduisez M"^ Morain.

Clotilde sort.

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