SCÈNE m LUCIENNE, CLOTILDE, HELLOUÎN
HELLOUIN Lucienne a préféré vous recevoir ici.
CLCTILDE, interdite
Ah! — Comment te $en2-tu, ma chérie?
LUCIENNE
Mieux. {Timidement,) Tu es gentille d'être venue ce matin, très gentille, et je t'en remercie de tout mon cœur.
HELLOUÏN
Cîotilde ne pouvait guère agir autrement. Apre? ta crise d'hier, une amie comme elle! Et puis, est-ce que tu ne l'attendais pas?
LUCIENNE, gênée
Non... c'est-à-dire... cn5n, je l'attendais sans l'attendre. J'espérais bien sa visite... dans la journée, mais
je n'y comptais pas.
CLOTILDE Si. tout de même, Lucienne, rappelle-toi.
HELLOUÏN
Rappelle^toi, voyons! ïl ne te faudra pas un grand tÛort de mémoire... puisque tu as dit à Louis, il y a une heure, que tu n'y serais aujourd'hui que pour elle et que tu l'atiencais d'un moment à l'autre.
LUCIENNE
C'est juste. J'avais oublié.
HELLOUÏN, étangs
Vraiment? S'il en est ainsi, tu es peut-être plus souffrante encore que nous ne l'imaginons.
CLOTILDE Peut-être.
LUCIENNE, regaraani Jacques avec effarement
Qu'est-ce que tu as? Pourquoi me regardes-tu ainsi? Qu'est-ce que je t'ai fait?
HELLOUÏN, ^cchement Je ne sais pas encore.
LUCIENNE, avec effroi Jacques !
HELLOUîN. sèchement
Caîme-toil Je suis toujours le même. D'ailleurs, il ne s'agît pas de moi, en ce moment. Ton amie Clotilde s'est dérangée de très bonne heure pour te parler, pour l'apporter des nouvelles, des nouvelles que tu n'oses pas lui demander, sans doute parce que je suis là, mais que tu attends avec une impatience fébrile. Eh bien, Clotilde, soyez généreuse. Parlez. Ne faites pas languir plus longtemps votre petite amie. Dites-lui ce qu'elle est ei anxieuse de connaître.
LUCIENNE. proiesUmt Mais...
HELLOUIN, presque brutal
Ne l'empêche pas de parler, voyons.
CLOTILDE
Mon cher, cette scène bouleverse votre femme. Pour ma part, je ne me prêterai pas plus longtemps à cette comédie douloureuse. Adieu.
LUCIENNE, angoissée
Tu t'en vas?
CLOTILDE. fixant Hellouin
On me chasse.
LUCIENNE, sapplianie Clotild©!
HELLOUIN
Voyons I . . . Vous ne partirez pas sans lui avoir dit ce qu'elU a tant à cœur de savoir.
GLOTILDE
C'est ce qui vous trompe. Lucienne, je ne reviendrai plus ici. Lorsque tu seras redevenue toi-même et libre de tes actes, tu me retrouveras aussi entièrement dévouée. Jusque-là, nous ne nous reverrons plus. Quant à vous, Jacques, je vous plains de tout mon cœur.
HELLOUiN, gravement Je suis à plaindre, en effet.
LUCIENNE Tu vas la laisser partir?
Oui.
CLOTILDE
Sois courageuse, sois forte et, si tu le peux, sois heureuse.
LUCIENNE
Oh! c*«st bien fini.
CLOTILDE
Sait-on jamais?
Elle s approche d'elle, Vembrasse ei lui glisse furtivement le billet quelle a écrit. Hellouin remarque le mouvement et ne dit rien. Il sonne. Entre Louis.
HELLOUIN
Reconduisez M"^ Morain.
Clotilde sort.