‹ Théâtre completChapitre 75 sur 78 · SCENE IV HELLOUIN, LUCIENNE · texte numérisé non relu

SCENE IV HELLOUIN, LUCIENNE

LUCIENNE, en larmes

Jacques! C'est une épreuve, n'est-ce pas? Tout à l'heure, tu vas aller chez Clotilde t'excuser, lui demander pardon?

HELLOUIN, durement

N'y compte pas.

LUCIENNE Comme tu as changé, mon pauvre Jacques!

HELLOUIN, durement Comme tu m'as changé!

LUCIENNE

Moi?

Elle pleure plus fort

HELLOUIN, durement

Ne pleure pas ainsi. Cela ne sert qu'à t'énerver et à m' irriter davantage. Et puis tu t'abîmes les yeux et tu ne pourras pas, à la première minute où je te laisserai seule, lire à la dérobée le billet que Clotilde t'a glissé en partant.

LUCIENNE, tremblante Le billet?

HELLOUIN, s'adoucissant Allons! Je ne veux pas te torturer plus longtemps. Lî»-

2â2 CŒUR A CŒUR

le. Mais lis-le donc. Tu n*as rien à craindre; maintenant que nous sommes seuls, je n'ai plus de colère I Lis-le.

// remonte veTs la fenêtre et regarde dans la rue. Lucienne, tremblante, ouvre le billet de Clotilde et le lit. Son visage devient très pâle et elle pousse un léger cri (Toiseau blessé. Hellouin à ce moment seulement se retourne.

HELLOUIN, 5e précipitant vers die et Vaidant à s*asseoir

Lucienne î

Lucienne pleure silencieusement, tenant à îa main h papier qui palpite comme une chose vivante.

LUCIENNE» le tendant à Hellouin Tien*, iul

HELLOUIN, refusant Non, garde ton secret.

LUCIENNE Je ne peux plus.., Lis... je t'en prie!

HELLOUÎN

Je ne veux pas profiter d'une minute d'égarement Réfiéchis.

LUCIENNE

Puisque je t'en prie.

KELLOUIN

Soit! (// prend le billet.) Tu es bien sûre de ne pas le regretter?

LUCIENNE

Non. ]q souffre trop. Et puis. . . je vaia mourir.

HELLOUIN Que dis-tu, malheureuse enfant?

LUCIENNE J'ai ie cœur en sang, vois-tu, et cela m'étouâe. Elle se cache la figure contre la poitrine de son mari pendant quil lit tout haut.

HELLOUIN, lisant

(( Je sors de chez Elle. Elle l'aime. Je n*ai pas pu la fléchir. Tout espoir de ce côté est perdu. Défends-toi autrement. » {A soi-même.) Ouil

LUCIENNE

Jacques, je n'ai même plus la force de te demander pardon. J'ai trop de chagrin.

HELLOUIN

Je vois. Mais peut-être t'exagères-tu les choses et te crois-tu plus coupable envers moi que tu ne l'es vraiment?

LUCIENNE Ohi nonî

HELLOUIN, lui prenant les mains

Je connais ton imagination. Voyons, ma petite Luce, parle, ça te soulagera. Raconte-moi, raconte-toi.

LUCIENNE Tu ne sais pa* le mal que je vais te faire,

HELLOUIN

Qu'importe! Je vois le mai que tu t'es fait. Allons! Sois courageuse. Je te promets de l'être aussi. Commence. Tu verras comme tu te sentiras mieux après.

LUCIENNE Oui, mais toi?

HELLOUÎN

Moi! Moi! Tu ne me connais pas! Sinon, tu saurais que tes aveiix les plus cruels me paraîtront doux à côté de ce silence atroce où tu t'es enfermée à l'écart depuis... depuis?...

LUCIENNE

Depuis l'été dernier, depuis notre séjour chez Clotilde, aux Chablettes.

HELLOUIN

Oui. Depuis ce moment, tu as eu de l'hostilité contre moi.

LUCIENNE Presque.

HELLOUÎN

Que t*avais-je fait?

LUCIENNE

Rien. Justement, je t'en voulais de n'avoir rien à te reprocher.

HELLOUIN

Tu m'en voulais d'avoir tout fait pour te rendre heureuse et de n'y avoir pas réussi.

LUCIENNE Peut-être!

HELLOUIN, ar^'cc mélcncalic

La bonne volonté ne suffit pas. — Eh bien? Voyons!

Elle se tait

LUCIENNE Non, je n'os* pwis.

HELLOUÏN Les mots te font plus peur que les choses?

LUCIENNE Sans doute.

HELLOUiN

Tu veux que je t'aide?

Je t'en prie. Autrement, je n'aurai jamais la force. Interroge-moi... tout doucement.

HELLOUIN, avec une extrême douceur

Voyons, il s'est passé aux Chablettes quelque chose d'extraordinaire. Tu étais arrivée là-bas, triste, mélancolique, absente de toi-même. Pourquoi?

LUCIENNE Je m'ennuyais.

HELLOUIN

II n'y avait pas d'autre raison?

LUCIENNE Oh! non, par> d'autres, je t'assure.

HELLOUIN -

Soit! Quelques jours après, tu redeviens soudain joyeuse. Ton ame refleurit. Tu retrouves des rires de ta jeunesse, de ton enfance presque. J'en ai eu alors tant de joie.

LUCIENNE, presque honieuse

Mon pauvre Jacques!

HELLOUIN Oui, je comprends. Ce n'élait pas moi. Citait un

autre, n'est-ce pas? (Lucienne cache son visage dans ses mains.) Mais qui cela? Comment veux-tu que je devine? Dis-le, dis-le, dis-moi son nom... tout bas... murmure-îe à peine; je l'entendrai, va, comme si tu criais. Allons! voyons I son nom! tout bas! sans me regarder I Entre tes doigts, hein?

LUCIENNE, à )wix basse après avoir hésilé et sans avoir découvert son visage Landelle.

HELLOUîN, se levant violemment

Landelle! Allons donc! C'est impossible! J'y avais bien pensé un moment! je n'avais pas pu le croire! Landelle! Ce bellâtre! Ce fat! Landelle! toi! toi!

LUCIENNE, éclatant en sanglots Oui, moi, moi!

HELLOUIN. la gorge étranglée

Ohl {Un silence.) Dis-moi, maintenant, tu l'as aimé tout de suite?

LUCIENNE Non, peu à peu, lentement, malgré moi,

HELLOUÎN

Bien entendu, tout s'est passé malgré toi! Mais il t'a fait la cour... longtemps; mais il a été si pressant... si persuasif, que... tu as fini par Taimer? {Signe de tête de Lucienne.) Beaucoup? {Signe de tête de Lucienne,) Autant que moi?

LUCIENNE, vivement Ça n'a jamais été la même chose.

HELLOUIN, très pressant, à mi-voix

Sans doute... Plus que moi, dis, plus? je veux le savoir... plus?... sois franche, voyons, maintenant. (Elle se cache de nouveau la figure dans les mains.) Bien, je sais... (// rapproche sa chaise. Très bas.) Et naturellement, tu as été... sa... maîtresse... là-bas? (Signe de iêle très faible.) Là-bas... Et naturellement, ça a continué à Paris, tout l'hiver... tout le printemps... jusqu'à... jusqu'à hier... n'est-ce pas? Oui... c'est l'annonce de son mariage... J'ai tout compris.

// s'est levé et s'est approché de la fenêtre quil a ouverte au grand large.

LUCIENNE, très piio})able Jacques!

HELLOUIN

Laisse I {Il réfléchit.) C'est avant-hier, n'est-ce pas, pendant que tu étais chez Clotilde, que tu as appris la nouvelle de ce mariage?

LUCIENNE Oui.

HELLOUIN

Et cette affreuse révélation n'a pas suffi à le dégoûter de ce pleutre instantanément?

LUCIENNE Hélas! non!

HELLOUIN

Qu'as-tu donc fait, Lucienne, de ta fierté d'autrefois?

LUCIENNE, la télé baissée

Elle est morte en moi avec tout le reste, le jour où je l'ai aimé.

Un 5i7enc«.

HELLOUIN

Alors, s'il ne t'avait pas quittée pour une autre, tu aurais toute ta vie continué d'être sa maîtresse et ma femme.

LUCIENNE, très humblement

Non, Jacques... Je t'aurais tout doucement détaché de moi; je t'aurai appris à te passer de moi, à moins m'aimer, et quand cela aurait été possible, je serais partie et j'aurais vécu avec lui.

HELLOUIN Mariés?

LUCIENNE

Ou non. Comme il aurait voulu.

HELLOUIN

Ouï,

// se promène de long en large, les mains dam la

poches. Il siffle.

LUCIENNE Jacques!

HELLOUIN, brusquement

Laisse donc! Et moi, dis, dans tout cela, qu'est-ce que je serais devenu?

LUCIENNE

Je ne sais pas. Tu m'aurais détestée d'abord; tu m'aurais méprisée ensuite; peu à peu, tu aurais fini par rn'oublier.

HELLOUIN

Evidemment. {Même jeu. Tout à coup, il se prêcipit et lui prend le cou entre ses mains.) Tiens I tu es ui misérable petite gueuse, une misérable, une misérable I

LUCIENNE, th cxaliéa

Oui, c'est cela! tue-moi i Funis-moi ! Guéris-moi 1 Délivre-moi 1

HELLOUIN. se reculant

Ah çà, tu es folle! que crois-tu dooc?

LUCIENNE J'espérais...

HELLOUIN. violemment Non!

LUCIENNE

Tu ne m'aimes plus assez pour celai

HELLOUIN

Je ne t'ai jamais aimée de cette façon... Je t'ai mieux aimée; seulement, tu n'as pas encore compris. Ecoute une ou deux choses encore, et puis je te laisserai te retirer; tu as besoin de repos... Quand tu as appris son mariage, tu n'as eu qu'une idée, n'est-ce pas, t'y opposer? Qu'est-ce que tu as fait pour cela?

LUCIENNE

J'ai prié Clotilde d'intervenir auprès de sa fiancée, de la mettre au courant. J'espérais...

HELLOUIN, montrant le billet

Oui, mais elle l'aime, elle aussi, paraît-il. Les femmes, qui ont un tel besoin de bonheur, ont vraiment un instinct admirable pour choisir les hommes dont elles l'attendent! Donc, de ce côté, tu as perdu?

LUCIENNE Oui.

HELLOUÎN

Quant à lui, il est venu te voir hier. Qu'est-ce qui s'est passé entre vous? Dis-moi tout il faut que je sache.

LUCIENNE

" îl a avoué tout de suite. II m'a dit qu'il ne m'aimait plus... J'ai prié, imploré. Ma mort même ne l'arrêterait pas.

HELLOUIN

Tu en cj sûre et tu l'aimes toujours?

LUCIENNE Je vis encore et il est ma vie.

HELLOUIN Quelle parole tu viens de prononcer!

LUCIENNE

Oui. Je te dis des choses que je n'oserais pas me dir« à moi-même. Je te les dis comme malgré moi. Tu as voulu savoir. Tu sauras tout.

HELLOUIN. dur

J'y compte. Il faut bien que toute cette souffrance serve. Ainsi, ce mariage se fera?

LUCIENNE

Je ne voi.«^ plus aucun moyen au monde de Vtrapccher.

HELLOUÎN Et s'il %» kit?

LUCIENNE, très gravement J'en mburfai. {Dès quelle a prononcé cette YêpUqve,

Hcllouin s'assied à la table de gauche si se met à écrire- Lucienne^ inquiète) Qu'est-ce que tu fais?

HELLOUIN Que t'importe!

LUCIENNE, inquiète

Si! si! Tu viens de prendre une résolution. Je sens que c'est très grave. Dis-moi, dis-moi ce que tu veux faire. Ne me laisse pas seule avec une telle inquiétude.

HELLOUIN Je lui écris de venir me parler immédiatement.

LUCIENNE

Mon Dieu!

HELLOUIN

Ne crains rien. Tu vois bien que je suis très maîtr* de moi.

LUCIENNE

Oui. Mai* qu'est-ce qui va se passer entre vous?

HELLOUIN Nous îe eaurons après.

Il sonne.

LUCIENNE

Jacques! Jacquesl j'ai peur... Je t'en prie... Déchire cette lettre.

HELLOUIN

Tu a» dit que tu en mourrais!

Oui, je l'ai dit. On le croit, n'est-ce pas, quand on souffre tant. Mais enfin, tu vois, j'ai supporté des choses

terribles cîepiiis deux l'our? et je vis; je suis pcut-êlre plus forte que je ns m'imagine.

HELLOUIN Je ne veux pas courir ce risque.

LUCIENNE Je t*en conjure.

HELLOUIN

Trop tard. Laisse-moi faire. {Lo^ris entre.) Cette lettre, tout de suite à son adresse. Remet^ez-îa vousmême à M. Landelle... A. cette heure vous le trouverez sûrement chez lui; dites-lui de venir immédiatement.

LOUIS Bien, monsieur.

// sort.

LUCIENNE

Et s'il ne vient pas?

HELLOUIN

Il viendra. Je le prie de me rendre un service qui ne souffre aucun délai. Ah! tu nous laisseras seuls.

Tu le veux?

Je Texigô.

Un silence.

Tu souffre»? Non.

LUCIENNE

HELLOUIN

LUCIENNE

HELLOUIN

LUCIENNE

Si! si! Ne t'en défends pas. Je le sens!

HELLOUIN, avec une grande émotion

Non! A cette minute de notre vie, il faut pourtant que tu me comprennes. Il est temps. Lucienne, tu es tout pour moi; je n'ai jamais eu qu'une seule pensée, qu'une seule volonté : te rendre heureuse. J'ai pris visà-vis de moi-même l'engagement que tu le serais. Tu le seras, je te le jure, à n'importe quel prix.

LUCIENNE Tu sais bien que je ne peux plus Tetre.

HELLOUIN

C'est ce que nous allons voir. Ecoute encore ceci. Lucienne, tu n'es pas seulement ma femme, tu es l'être que j'aime, le seul être que j'aime, l'être à qui je me suis donné sans réserve. Je ne t'ai pas seulement épousée, je t'ai adoptée. Tu n'es pas que ma femme, tu es aussi mon enfant, l'objet de la tendresse la plus passionnée qui ait jamais soulevé un cœur d'homme.

Oh! Jacques!

Tu t'es confiée à moi à l'heure où tu es devenue femme; tu ne regretteras pas, je te le jure, d'avoir remis entre mes mains fidèles le dépôt sacré de tes espoirs et de tes joies.

LUCIENNE

Jacques! Jacques!

Elle se laissa glisser à terra et s*agenouille d(^ant lui.

HELLOUIN Que fais-tu?

LUCIENNE, à genoux

Je me sens si petite devant toi. Je ne te mérite pas. Non, je ne mérite pas d'être aimée comme tu m'aimes. Je suis une pauvre petite fille inconsciente et faible, et je t'ai fait souffrir, toi, quand j'aurais dû... Ah! pardon! dis-moi que tu me pardonnes! Si tu savais comme je voudrais... oh! oui! comme je voudrais t'aimer!

HELLOUIN, lui meiiani la main sur le front

C'est bien cela... tu voudrais... Ah! s'il suffisait de vouloir! allons! il ne faut pas que tu te fasses des reproches... Est-ce que je t'en fais, moi?... Je sais... je sais que tu n'y peux rien. Il se passe en nous, comm.e dans Tunivers, des choses que nous ignorons... et quand nous les constatons enfin par la douleur qu'elles nous causent, il est trop tard pour les empêcher. Le mal est fait.

LUCIENNE

Oui, le mal est faitl

HELLOUIN, la Tehvant

Relève-toi donc, mon petit enfant, et reprends courage. Du moment que ton secret ne t'a pas étouffée, tu es sauvée. Désormais, il ne t'écrasera plus. Nous serons deux pour le porter et j'en prendrai la plus lourde part. C'est juste, je suis le plus fort. (On frappe.) Entrez.

LOUIS

M. Landelle était chez lui. Il m'a chargé de dire à monsieur qu'il allait venir tout de suite.

HELLOUIN

C'est bien. Dès qu'il arrivera, vous l'introduirez icL

L0UI3 Bien, monsieur.

Il iorL

LUCIENNE

Tu ne veux toujours pas me dire?

HELLOUIN Non, laisse-moi faire.

LUCIENNE Et il faudra que je m'en aille?

HELLOUIN Oui, il faudra.

LUCIENNE, à mi'Voîx J'aurais tant voulu le revoir.

HELLOUIN

Eh bien, tu le reverras. Tu ne t'en iras que lorsque tu auras — une fois de plus — regardé le mensonge de son visage et de ses yeux.

Jacques! Je t'en prie!

HELLOUIN

Pourquoi donc sou^res-tu de m'entendre te dire tout haut ce que tu te dis tout bas?

LUCIENNE

Parce que ce n'est plus moi qui me le dis».. £t alors, j'ai honte.

HELLOUIN

Ah! vous êtes toutes les mêmeil Vcm^ n'avez peur que

du témoin. Cest bien pour cela que vous commencez par briser en vous le miroir de votre conscience; et puis, vous sanglotez comme des malheureuses quand vous vous coupez Tâme en morceaux.

LUCIENNE, à Voix bassii

Nous sommes lâches! {Un silence.) Laisse-moi fembrasser, Jacques, veux-tu?

HELLOUIN Non.

LUCIENNE Je t'en prie. Ce sera généreux. Cela me prouvera...

HELLOUIN

...Que je t'ai pardonné? Il te faut donc d'auira preuves ?

Il me faut surtout celle-là!

HELLOUIN, haussant les épaules

Comme aux enfants.

LUCIENNE

C'est que, vois-tu, les enfants ont l'âme des femmes. Avant de naître, ils écoutent la vie en nous si longtemps. Hellouin la regarde^ étonné.

HELLOUIN Oui! (Violemment) Embrasse-moi.

Elle s approche de lui et Vemhrasse timidement.

LUCIENNE, humhh Et toi?

HELLOUÎN

Moi? Plus tard, peut-être» mais Das maintenant. Je ne peux pas. {Il va s^asseotr à la îahle et se cache le ^fisaPe dans son hras. Pendant ce iemps, Lucienne très émue, s* est cpt>rochée et machinalement a ouvert V album. A ce moment Hellouin relève les yeux et la regarde.) Oui, j*ai passé la nuit avec les Lucienne d'autrefois. Elles m*ont rendu plus pitoyaWe la Lucienne d'hier et plus chè.rt la Lucienne d'aujourd'hui. Je suis comme Barbe- Bleue... l'ai tué toutes m.es femmes... je n'en ai plus... mais va, je saurai défendre l'enfant qu'elles m'ont laissé. On sonne.

LUCIENNE, iressaîllani C'est lui!

HELLOUIN

Il faut sourire, ma pauvre petite. Il faut qu'il ne se doute de rien. Il faut que tu aies l'air heureux... Moi. c'est trop naturel... et ça sera facile.

LOUIS, annonçant Monsieur Landelle!

SC£A^£ y Les mêmes, LANDELLE

LANDELLE, s approchant de Lucienne qui tremble comme une feuille et qui s* efforce de sourire

Comment êtos-vous, ma chère amie? (// v&ut lui baiser la main. Elle la retire.)

LUCIENNE Bien, trèt bien. Je vous rcmcrde.

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