SCÈNE I SYLLA, FLORISE, ASTÉRIE
STLLA.
OÙ donc est le prince de Thrace?
Plus, sans le voir, je passe de moments. Plus mon impatience a pour moi de tourments; Dans mille vains soucis mon esprit s'embarrasse,
Et de ces lieux, quoique charmants, U semble que sans lui tout l'ornement s'efface.
PLORISK.
Ravi de voir enfin, par un heureux retour,
Votre cœur à ses vœux sensible, Circé l'autorisant, il veut dans ce grand jour,
Avec tout l'appareil possible.
De sa félicité rendre grâce à l'amour.
La pompe qu'il prépare à quelque ordre l'oblige,
Qui Ta forcé de vous quitter.
SYLLA
Je le sais, mais de lui quelques soins qu'elle exige, Il s'y devrait moins arrêter.
FLORISE
Vous le verrez bientôt, mais craignez Mélicerte;
Son rival préféré l'a mis au désespoir,
Il se plaint, il murmure; et surpris de vousToir...
SYLLA
Si par là de mon cœur il répare la perle. Les plaintes sont en son pouvoir.
FLORISE
Quoi, l'amour, sans regret, souffre ainsi qu'on )i SYLLA. * [qnitteî
Mais peut-on être juste, et voir d'un œil égal
Le fort et le faible mérite?
Regardons Mélicerte auprès de son rival, La différence est-elle si petite.
Que ce soit m'y connaître mal, Qu'écouter contre lui ce qui me sollicite? Oui, sans doute, etmon cœur y doit prendre iotérél, Ce rival n'est que trop digne qu'on le préfère; Une noble fierté fait briller ce qu'il est. Et sur son front est peint le caractère...
ASTERIE.
Enfin, madame, il suffit qu'il vous plaît. C'est tout en amour que de plaire.
SYLLA
Quand par un accueil obligeant
Mon cœur pour lui s'est fait connaître, Quelle joie à vos yeux n'a-t-il pas fait paraître? Que ne m*a-t-il point dit de flatteur, d'engageant J'ai dû, j'ai dû me rendre, et toute autre enmaplao
Dès l'abord l'aurait préféré.
Il ne s'est pas encor tout à fait déclaré. Mais si j'en crois l'image qu'il me trace
Du bonheur qui m'est préparé, Un plus haut rang par lui m'est assuré,
Que celui de reine de Thrace.
Vous l'avez entendu toutes deux?
FLORISE
nest vrai; El ce qui me ferait soupçonner quelque chose,
Cest que des Amours il dispose.
De son pouvoir sur eux vous avez fait Fessai.
ASTERIE.
Vénus toujours un peu coquette Ne pourrait-elle pas avoir aimé sans bruit,
Et fait quelque intrigue secrète
Dont il aurait été le fruit?
Ce qu'il a fait ici sent bien son parentage
Avecque la divinité.
SYLLA
Je ne pénètre point dans cette obscurité. Il m'aime, c'est assez : après cet avantage Rien ne saurait manquer à ma félicité.