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SCÈNE II SYLLA, MÉLICERTE, FLORISE, ASTÉRIE

MÉUCBRTB.

Ma présence ne peut que déplaire en ces lieux, Madame ; et je vois trop que m*offrir à vos yeux, C'est venir troubler votre joie.

SYLLA

Si vous le connaissez, vous pouvez m'épargner Ce qu'un fâcheux objet cause d'impatience.

MÉLICERTE

Quoi, jusque-là me dédaigner?

De mon fidèle amour est-ce la récompense? Après avoir pour vous si longtemps soupiré.

Après...

SYLLA

Finissons là, de grâce.

Quand vous aurez bien murmuré

De voir un rival préféré.

Les choses ne sont pas pour prendre une autre face. Si pour vous autrefois mon cœur s'est déclaré. Ce cœur sent aujourd'hui qu'un autre vous efface, Et se trouve contraint, quoi qu'il vous ait juré,

A donner au prince de Thrace,

Ce qui vous semblait assuré.

MBLICERTB.

Quel aveu I Quoi, madame, il se peut que vous-même Vous m'osiez prononcer l'arrêt de mon trépas?

Et malgré mon amour extrême, La honte de changer a pour vous tant d'appas. Que vous la regardez comme un bonheur suprême

Qui remplit tous vos vgeux? Hélas!

Quand malgré les Amours dont l'injuste puissance

M'empêchait de vous approcher.

Vous m'assuriez tantôt d'une entière constance;

Ce rival qui vous est si cher

Méritait-il la préférence, Lui, qui jamais n'avait su vous toucher?

SYLLA

Les Amours l'ont cru nécessaire;

Et si mon cœur change de vœux.

Ce changement n'arrive que par eox.

Leur conseil m'autorise à ce que j'ose faire.

Ils m'ont fait voir votre rival Toujours ferme, toujours glorieux de ses peines, Tandis que refroidi, lâche, faible, inégal j

Par un éloîgnement fatal

Vous cherchiez à briser mes chaînes.

Il m'ont fait voir... Mais pourquoi m'excuser? Je ne vous blâme point d'avoir fui ma présence. Vous avez au dégoût qu'elle a pu vous causer,

Cherché remède par l'absence ;

C'est ainsi qu'il en faut user.

Nous n'avons point un cœur pour le tyranniser. Et rien n'est tant à nous que notre complaisance.

MÉLICEBTB.

Ahl Ne vous armez point de ces fausses raisons

Pour tâcher à rendre plausible

La plus noire des trahisons; Jamais autre que vous ne m'a trouvé sensible;

Et malgré votre éloignement.

J'ai fait gloire toujours du nom de votre amant. Mais croyez-moi, madame, il entre ici du charme. On contraint vos désirs, je le connais trop bien. Si jamais votre amour fut satisfait du mien.

Daignez craindre ce qui m'alarme.

Et pour vous et pour moi ne précipitez rien.

SYLLA

Le charme est grand, je le confesse.

Puisqu'on votre rival il m'a fait découvrir Tout ce qui peut mériter ma tendresse.

Mais, adieu, ce discours vous blesse, Et c'est trop vous faire souffrir.

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