SCÈNE IV FLORISE, ASTÉRIE, PALÉMON
FLOBISB.
Je plains le malheur qui le suit.
Quand Tanneau de Circé le rend à ce qu'il aime. Il trouve que pour lui Sylla n'est plus la même.
Et qu'en son cœur l'absence l'a détruit* Insensible aux ennuis que traîne sa disgrâce, Elle ferme les yeux...
AStBRIE.
N'a-t-elle pas raison ?
Nommer son changement parjure, trahison, [fasse? Quand le cœur n'en dit plus, que voulez-vous qu*on Comme on ne doit chercher que la joie en aimant,
CIRCÊ, ACTE V, SCÈNE V.
Tant qu'on s'en trouve bien, j'approuve que l'on Avec l'entier attachement [aime
Que demande un amour extrême ; Mais pour ne pas vouloir chagriner un amant, Quand ou ne sent plus rien, s'obstiner sottement A se faire enrager soi-même !
Il faut avoir perdu le jugement.
PALÊMON.
C'est bien dit, la constance est d'une âme grossière Qui voudrait du vieux temps ramener les vertus. Mais, Circé, qu'est-ce? A-t-elle emporté le dessus, Elle qui faisait tant la fière?
ASTÉRIE
A dire vrai, je ne m'y connais plus.
PALÉMON
Rien n'est si dangereux qu'une jeune sorcière Qui, comme toi, sait l'art de vaincre les refus.
L'entreprise en est meurtrière;
Mais craindre des herbes, abus.
FLORISB.
Vous n*en parlez ainsi que sur la confiance D'un suprême pouvoir qui nous est inconnu. Depuis qu'en ce palais votre maître est venu, Circé de ce qu'elle est n'a plus que l'apparence ; Et son art, dont cent fois elle a tout obtenu. Semble réduit à l'impuissance.
PALÉMON
Nous sommes gens, s'il ne faut cacher rien. Fort sûrs partout de la victoire, Mon maître... sur sa mine on a peine à le croire. C'est le plus grand magicien Dont jamais on ait eu mémoire; Et pour peu que tu fisses gloire De me vouloir un peu de bien^ Je t'en dirais toute l'histoire.
FLORISB.
L'honneur défend que j'aime, il n'y faut point son- Toute intrigue m'effraye, et j'ignore... [ger.
PALÉMON
Courage.
A te donner leçon je veux bien m'engager; Il ne t'en coûtera qu'un droit d'apprentissage. Qui te paraîtra si léger.
Que tu croiras me devoir davantage.
Malgré ton point d'honneur, tu n'es pas si sauvage, Qu'à n'être plus farouche on ne pût t'obliger.
FLORISB.
Sans perdre temps à m'entreprendre, Si vous avez des douceurs à conter.
Ma compagne est toujours en humeur d'écouter. Ri saura mieux que moi...
ASTÉRIE
Pourquoi vousendéfendre?
Est-ce que vous craignez d'avoir l'âme si tendre, Que vous ne puissiez résister?
FLORISB.
Mais c'est vous faire tort.. .
ASTÉRIB.
Tort,ounon, sansquerelle.
Si j'étais ce qu'il est, je serais de son goût; Pour un cœur queTamourau vrai triomphe appelle, Une prude adoucie est un friand ragoût; Et je vous en voudrais plutôt qu'à la plus belle.
FLORISB.
Si je n'ai pas ce vif éclat Dont votre jeunesse vous flatte.
Qu'il nous juge, et qu'il dise...
PALÉMON
Entre vous le débat, La question est délicate.
Et c'est plus que vider une affaire d'État.
ASTÉRIE
Fais-nous donc part de ta magie, Et nous dis d'où ton maître en a pu tant savoir.
PALÉMON
Si de le révéler j'avais fait la folie. Jamais il ne me voudrait voir.
J'ai la langue liée.
ASTÉRIE
Attends, j'ai tout pouvoir, Il faut que je te la délie.
Viens çà.
PALÉMON
Non.
ASTÉRIB.
Viens, OU crains. Je puis, quandilne
A tout mutin faire connaître, [pialt,
Qu'en ce que je souhaite on doit prendre intérêt
PALÉMON
Adieu, je vais trouver mon maître; Juge par là de ce qu'il est.
(Palémon s'élève en l'air tout k coup et t'eavole.) FLORISR.
Qu'en pensez-vous, ma sœur?
ASTÉRIB.
Je n'en faisaucoQ Voici de la divinité. [doote,
Avec tant de légèreté Prendre par l'air ainsi sa route.
C'est l'effet d*un pouvoir qui n'est point limité.