DON BERTRAND DE CIGARRAL, ACTE I, SCÈNE IV
GUZMAN
De l'esprit! Ah, madame, il fait des comédies.
JAaNTE.
Ce métier est mal propre à guérir ses folies ; Il eo empirera, bien loin d*en amender.
GUZMAN
Comme un poète fameux il se fait regarder;
Il eo a composé déjà plus de vingt paires :
Mais les comédiens n*en représentent guères ;
Le sljfle en est si haut qu'ils n'y comprennent rien.
Lui-même toutefois en dit assez de bien;
11 eo trouve toujours l'intrigue bonne et belle ;
Et sa démangeaison de les produire est telle,
Que, faute bien souvent d'auditeurs plus parfaits,
n ta les débiter jusques à des laquais ;
Mais avant qu'il soit peu vous le pourrez connaître.
JACINTE
Hé bien, jamais valet servit-il mieux son maître? 11 fait tout ce qu'il peut pour vous en dégoûter.
GUZMAN
Aussi pour deux raisons dois-je le souhaiter : L'une, vous éles belle, et ce sera dommage Qu'avec lui vous perdiez le plus beau de votre âge ; Et Taulre, don Alvar serait son héritier.
ISABELLE
Et quel est don Alvar?
GUZMAN
Un brave cavalier, ^oble, vaillant, civil, bien né, de bonne mine, Discret...
JACrNTB.
Que n*est-ce là celui qu'on vous destine? Et pourquoi votre père, au lieu de ce mal fait, N'a-t-il pas pris pour gendre un homme si parfait ? n a bien dans ce choix témoigné son caprice.
GUZMAN
Oui, mais ce don Alvar comme un autre a son vice, Qui de tant de vertus obscurcit bien Téclat.
ISABELLE
Quel peut être ce vice?
Il est gueux comme un rat.
ISABELLE
Si Tespril n'est content le bien est peu de chose
GUZMAN
A rhjmen toutefois je crois qu'il se dispose ; La soeur de don Bertrand du moins ne le hait pas. Vous la verrez ce soir.
ISABELLE
Elle a beaucoup d'appas?
GUZMAN
Aolaot qu'elle en avait qnand elle vint au monde; Jamais allé ne fut si délicate et blonde, Soit défaut de nature, ou bien excès d'amour. Elle s'évanouit plus de sept fois par jour.
JACINTE
On doit de ce talent estimer l'avantage.