FANCHON, ) ! LA PETITE M. DU PIX
ANGELIQUE, autre nièce du baron. . . . M">« du crois r. CLARISSE, déguisée en homme «ous le
nom d'Oronte Mm* oc Pii».
LUCILE, suivante de la mère d'Arointe et
d'Ismène m»* loysillon.
LE BARON, tuteur d'Angélique M. du croist.
PERSONNAGES acteurs
DORANTE, amant d'Ismène m. di la. 6ra.n6B,
LE CAPITAINE, amant d'Ami nte M. bubeht.
DAMIS, amant d'Angélique M. dauvilliers.
LA MARIÉE M»« dauvilliebs.
DORIMÈNË, femme du bel air m»* de la. grakge.
COLIN, le marié m. D'ETBicsi.
GROS-JEAN, père de la mariée M. de rosimont
PERRETTE, mère du marié m. du pi«.
M. VIGNOLET, bourgeois niais m. de verneuil.
Je ne doute point qu'on soit surpris d'abord du titre que porte cette comédie ; on n'en connaîtra la raison, qu'en voyant, dans le cinquième acte, le combat à la barrière qui s'y fait à l'avantage des dames. Si je le fais faire dans une salie du château du baron, ce n'est que sur l'exemple de plusieurs carrousels qui ont été faits autrefois de cette manière. Il ne faut que lire ce qu'en écrit le Père Ménestrier, dans son traité des tournois. « Il B'en fait, dit-il, dans de grandes salles, et Charles
• Emmanuel, duc de Savoie, en fit un de cette sorte pour
• divertir les ambassadeurs de divers princes qui devaient ' assister au baptême de son fils aîné. » Et dans un autre endroit : « Ces carrousels se font à pied, ou à cheval, quand la
• salle est si vaste et tellement à fleur de terre que les che- « vaux y peuvent aisément entrer, et faire leurs comparses. » Ceux qui croient cju'on ne combat point à la pique à pied, ne songent pas qu'il y a de la différence entre la pique et la lance pour laquelle on doit toujours être à cheval. Le combat à la ^>arrière qui se fit à Barcelone pour la naissance du roi d'Espagne à présent régnant, était dans une salle où l'on rompît plusieurs piques; et, en 1611, on en fit un en Bavière aussi dans une salle avec plusieurs quadrilles, pour célébrer le jour de la naissance de l'Électrice, sans beaucoup d'autres qui se sont faits de la même manière en Savoie. En 165i,il se fit, dans la salle du Petit-Bourbon, au ballet des noces de Thélis et de l^êlée, un combat à la barrière qui fut trouvé si beau, que tous ceux qui le virent en furent charmés, quoiqu'il n'eût ni sujet, ni cartels, ni machines, et qu'il fût seulement un simple jeu guerrier où les chevaliers de Thessalie faisaient paraître leur adresse. Le caractère que j'ai donné au baron, d'un homme cotèté des spectacles de l'antiquité, m'a fait naître le dessein do faire voir un combat dans toutes les règles, et d'y ramasser tout ce que j'ai trouvé de plus galant dans plusieurs autres. Les machines en étaient toujours, c'est pour cela que j'en ai
mis ici, en faisant paraître la Fidélité dans son char; mais je n'en ai voulu mettre que dans un seul quadrille pour ne pas trop embarrasser le théâtre. Je sais qu'on y faisait entrer la musiqu(\ et souhaiterais fort n'avoir pas été obligé de pécher contre cette règle. Je me suis particulièrement attaché à les observer toutes, afin de pouvoir donner au public quelque chose qu'il n'eût point encore vu, parce qu'en France on passe ordinairement par-dessus les règles en faveur de la magnificence et des grandes dépenses qu'on fait pour les spectacles. A l'égard des devises qui sont toutes à la gloire du beau sexe, je ne les prétends point donner pour régulières, et je me suw servi pour m'en dispenser du raisonnement du P. Ménestrier dont voici les paroles : « La plupart de ces devises ne parai- « tront guère justes à ceux qui les voudront mesurer aux règles « sévères des devises académiques que tant de maîtres ont « données ; mais il faut à mon sens distinguer entre ces devises « ingénieuses qui se font avec art et méthode par des profes- « seurs et des savants, ces devises cavalières qui se font par « des gens d'épée, lesquels se contentent souvent d'exprimer « leurs pensées et leurs dessein» d'un air libre et dégagé, sans » s'assujettir à tant de règles que les spéculatifs et les distiU « lateurs des quintessoncos ont établies quelquefois sur leurs « pures rêveries avec plus de couleur que de raison. J'approuve « leur exactitude pour ces sortes d'inventions, quand elles « doivent être proposées pour exemples et pour modèles, et « quand elles doivent servir à des assemblées de savants ; c< mais je ne voudrais pas traiter avec la même rigueur ce qui « sert dans les carrousels, dans les tournois et dans lei « joutes, où il n'est pas jusqu'aux rébus et aux chiffres parlants « qui ne soient de bonne grâce, et qui souvent ne vaillent « mieux que ces devises épurées qu'on fait passer cinq ou six « fois sous l'examen sévère d'une académie. •
LE TRIOMPHE DES DAMES, ACTE I