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SCÈNE VIII MADAME JOBLN, M. GOSSEUN

M. GOSSELIN

Elle était là-bas quand je suis monté.

MADAME JOBIN

Ah ! C*est vous, mon frère.

M. GOSSELIN

Je viens de parler à mon procureur, il dit que dans trois ou quatre jours il sera temps de solliciter.

MADAME JOBIN

Je vous promets de vous trouver des amis. Vous ne ferez plus scrupule de recevoir du secours d'une sœur sorcière ?

M. GOSSELIN

Ne savez-vous pas que je suis devenu moi-môme sorcier? J'aidai hier à faire remuer le corps qui effraya tant votre marquis.

MADAME JOBIN

11 faisait le brave, et eut grande peur, je vois tous les jours de ces braves-là. Ils parlent bien haut quand il ne faut que parler, mais la moindre vision les épouvante.

M. GOSSELIN

Il veut pourtant voirie diable. Croyez-vous qu'il vienne?

MADAME JOBIN

Il aura repris du courage depuis hier.

M. GOSSELIN

Après l'avoir vu trembler comme il a fait, je le divertirais bien s'il avait affaire à moi.

MADAME JOBIN

Hé bien, faites le diable pour lui, je m'en fierai plus volontiers à vous qu'à personne.

M. GOSSELIN

Comment le diable?

MADAME JOBIN

Vous avez la taille merveilleuse pour cela. Un diable ragot ne fait pas la moitié de l'impression que vous ferez. Demeurez toujours ici. Vous gagnerez plus avec moi qu'à être procureur fiscal.

M. GOSSELIN

Quitter ma charge de procureur fiscal pour faire le diable?

MADAMK JOBIN.

Allez, ce n'est peut-être pas trop changer d'état.

M. GOSSELIN

Vous m'instruirez quand vous serez seule. Je ne serai point fâché de me réjouir de votre marquis.

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