SCÈNE V D. SANCHE, ALONSE
D. SANCHB.
Qsel funeste conseil vous voulez que j'embrasse ! Cùosentir c[ii'il me voie et qu'il me satisfasse!
ALONSB.
Iiis enfin cent raisons vous y doivent porter, One servirait encor de vous les répéter? Outre que son pouvoir égale sa noblesse...
D. SANGHB.
Eodarer qu*il triomphe ainsi de ma faiblesse?
ALONSE
k voos l'ai déjà dit, il est au désespoir Que par de faux rapports on Tait pu décevoir. O^ooe indigne vengeance il dut prévoir l'issue, D dot moins s'emporter, mais l'offense est reçue.
D. SANCHB.
et, de grâce, son nom?
ALONSE
Quand vous m'aurez promis D'accepter un accord qui vous doit rendre amis.
D. SANCHE
Quoi, mon lâche ennemi, lors même qu'il s'accuse, En serait quitte ainsi pour quelque vaine excuse; Et, tant que je vivrai, l'on verrait sur mon front Les traits mal effacés d'un si sanglant affront?
ALONSE
Donc, s'il pouvait s'ofl^rir une voie assez prompte Par où de votre injure il partageât la honte, Et, qu'attirant sur lui Taffront qu'il vous a fait. De cette violence il démentit Teffet?
D. SANCHE
Comment la démentir, si loin de s'en défendre...
ALONSE
Ne le pourrail-il pas, se faisant votre gendre? Votre honneur dans le sien alors intéressé, Confondant l'offenseur avecque l'ofl^ensé, L'hymen ayant uni son sang avec le vôtre, La pureté de l'un rendrait l'éclat à l'autre? Puisqu'on ne vit jamais dans un même sujet Subsister d'un affront, et Tauteur, et l'objet.
D. SANCHE
Ahl Si par cette voie un sang impur se change, Il vaut bien mieux choisir un gendre qui me venge.
ALONSE
Ne pouvant le choisir que sous de rudes lois, A moins que de descendre, êtes-vous sûr du choix? D'ailleurs cet ennemi que vous voulez connaître, Est d'un rang qu'on respecte et qu'on craindra peut- Et ce rang danslacourluidonne un tel appui, [être; Que peu voudroqtpour vous s'engager contre lui.
D. SANCHE
Quoi donc, c'est seulement en lui donnant ma fille Que je puis rétablir l'honneur de ma famille?
ALONSE
Y croyez-vous trouver un remède plus doux?
D. SANCHE
Il est mon ennemi, j'en ferais son époux!
Ce remède est pour moi pire que le mal même.
ALONSE
Il le faut violent quand le mal est extrême. Mais enfin résolvez, si je n'obtiens ce point, Son nom est un secret que vous ne saurez point.
D. SANCHE
A quelle indignité me voulez-vous contraindre?
ALONSE
Je sais ce que je fais, cessez de vous en plaindre, Mais ne m'en croyez pas, et d'un esprit remis, Allez sur cet accord consulter vos amis.
D. SANCHE
Je veux que leur aveu réponde à votre attente : Mais qui m'assurera que ma fille y consente, Que son esprit soumis cède sans résister?