SCÈNE II ISABELLE, FLORE
FLORE
madame, il est vrai que votre solitude cette occasion me parattun peu rude.
Ilif^ire est de vous voir et de vous obéir, \lm je sens ma faiblesse en secret vous trahir, ftsoQgean tau tournoi que tant de pompe ordonne, Inrvoler à la cour mon cœur vous abandonne.
ISABKLLB.
Acorîosité bornant ta trahison,
I» prends sur moi le crime, et jem*en fais raison.
sa»qu*i] est fâcheux à celles de notre âge
'at^odonnerlacour pour un lieu si sauvage,
t qœ dans cet exil nous trouvons rarement
qiKki nous consoler de son éloignement.
si la connaissais combien un grand courage caprices d*autrui fuit Tindigne esclavage, Idans quel triste sort nous jettent quelquefois bn frère impérieux les tyranniques lois ;
tu concevrais qu'on se résout sans peine qm'tler ce qui plaît, quand on fuit ce qui gêne, que la solitude a de quoi m'arréter,
'elle m'ôte un joug si fâcheux à porter»
FLORB.
est rrai que Fhumeurdu prince de Salerne...
que son sens aveugle est ce qui le gouverne, d'un droit que le ciel semble avoir limité seul emportement règle l'autorité ;
que par un destin à mes vœux trop contraire,
rencontre un tyran où je dois voir un frère.
n'est pas que cent fois il n'ait avec éclat aie sa valeur au secours de l'État ;
r^time, et le roi crut toujours inutile |K>ser d'autres bras aux forces de Sicile : par lui que son sceptre en ses mains affermi, aujourd'hui braver un puissant ennemi ; ce farouche amas d'une vertu guerrière, loin de l'adoucir, rend son humeur plusfière;
ta sais, pour en fuir le caprice odieux,
'enfin j'ai demandé ma retraite en ces lieux.
depuis six mois, dans une paix profonde,
ris des embarras que se fait le grand monde;
fortout, de ce bois, l'agréable séjour
tous les faux biens que Ton vante à la cour.
FLORE
I trouble inquiet ce calme est préférable ; si ma iiberté vous semble pardonnable, le, j'oserai vous demander pourquoi oe vous trouvez point à ce fameux tournoi ?
Ce superbe appareil de chars, d'habits et d'armes, Méritait de s'y voir honoré de vos charmes ; Et vous deviez forcer votre juste courroux En faveur d'un spectacle assez rare pour nous.
L'indignité soufferte est un puissant obstacle A cette vaine soif des pompes d'un spectacle. Ici je vis sans trouble avecque mes désirs. Je goûte ici partout de solides plaisirs. Et Naples aujourd'hui dans sa magnificence. Cède aux charmes secrets de ce profond silence; Mais enfin je pardonne à ton propre intérêt Qui suit ta passion et non ce qui me plaît ; Et pour la contenter, comme je m'intéresse Auxhonneursqu'aujourd'hui l'onrendàla princes- Trois ou quatre des miens, envoyés tout exprès, [se. Nous en feront savoir les superbes apprêts : Ce récit pourra plaire à ton inquiétude. Mais qui nous vient troubler dans noire solitude ?