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SCÈNE III FÉDÉRIC, ISABELLE, FLORE

FÉDÉRIC

Madame, pardonnez un abord indiscret.

Qui de votre entretien a rompu le secret. Accablé sous le faix d'une infortune extrême. Persécuté du sort, odieux à moi-môme.

Je cherche où terminer mes pas trop incertains. Pour mettre ma douleur en de fidèles mains ; Si pourtant, dans l'excès du malheur qui m'op-

[presse.

Chercher quelque secours n'est pas une faiblesse.

ISABELLE

Malheureux inconnu, si ma compassion Peut servir de remède à votre affliction. Et borner de vos pas les courses incertaines, Soyez sûr que déjà je prends part à vos peines; Mais, pour les soulager, peut-on savoir de vous De quel fâcheux destin vous ressentez les coups?

FÉDÉRIC

Hélas ! Faut-il ici que ma triste mémoire Vous retrace un tableau de ma première gloire, Et qu'elle représente à mon esprit confus L'inestimable prix d'un bien que je n'ai plus? Dans ce noble trafic des choses les plus rares Que forme la nature aux lieux les plus barbares. De pierres, de joyaux, perles et diamants, Je bornai mon emploi dès mes plus tendres ans; Et jamais la fortune avec plus d'abondance D'un cœur ambitieux ne flatta l'espérance; Tout rit à mes souhaits, et, sans de grands efforts. J'acquiers en peu de temps de si riches trésors. Que leur possession, qu'un bon astre me donne, Valait presque à mes yeux l'espoir d'une couronne ; Mais ces divers trésors avec soin amassés, A mes bouillants désirs ne furent pointassez. [dre, L'appas d'un plus grand bien ayantsumesurpren-

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