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FÉDÉRIC, ISABELLE, ALFONSE, FLORE

ISABELLE

Ton retour me surprend, étant inopiné.

Quoi, le tournoi déjà serait-il terminé ?

ALFONSE

Madame, c'en est fait.

ISABELLE

Quelle est cette tristesse ?

Rodolphe a-t-il trahi Thonneurde la princesse? S'est-il trahi lui-même; et, souffrant un vainqueur, Dans cette occasion a-l-il manqué de cœur?

ALFONSE

Au contraire, jamais avec tant d'avantage On ne vit éclater l'ardeurd'un grand courage; Mais...

ISABELLE

Pourquoi t'arrêter? Qui te rend interdit? Dis-moi l'ordre de tout, j'en attends le récit.

FÉOÊRIC, ba$.

On va parler de moi.

ALFONSE

Déjà tout plein de gloire, Sur trois rivaux Rodolphe étendait sa victoire, Quand on voit dans la lice entrer uh combattan! Dont le riche équipage et l'habit éclatant Attirant les regards de l'assemblée entière, Nous marque à tous une âme aussi haute que fière Le prince avec dédain regarde ce rival; Il s'apprête à le vaincre, on donne le signal, Ils partent, et tous deux, pleins de cœur ctd'adrei Fournissent leur carrière avec tant de vitesse, [H Qu'à les voir arrêtés on a peine à juger S'ils ont gardé leur poste, ou s'ils l'ont su changer. L'inconnu s'en émeut, il recule, il s'étonne, Le prince à son grand cœur tout entier s'abaQd<»t Il pousse, avance, presse avec tant de vigueur, [m Qu'avant qu'il ait vaincu, chacun le croit vaifr Son ennemi lui-même aide àcette croyance, [quea; Son cheval est blessé, lui presque sans défense, Quand ce lâche destin qui l'avait épargné, Laisse tomber Rodolphe en son sang tout baigné.

ISABELLE

0 dieux, mon frère est mort !

FÉDÉRIC

Qu'ai-je entendu? Son frère!

FLORE

Madame...

ISABELLE

C'est en vain qu'on me le voudrait taire; Si de quelque douceur je puis goûter l'appas, Je ne la dois chercher qu'à venger son trépas; Car enfin, il est pris, on sait quel est le traître.

ALFONSE

Pendant un si grand trouble il a su disparaître; Mais son cheval blessé, quoiqu'il l'ait bien servi, Le livrera bientôt à ceux qui l'ont suivi.

ISABELLE

Que d'orages subits troublent notre bonacel

(i Fédéric) 0 vous, dont maintenant je plaignais la disgrâce; Voyez que du destin l'implacable courroux Éclate sur les grands, aussi bien que sur vous.

FLORE

Madame, si jamais...

ISABELLE

Ton discours ni'iinport""^^ Retournons au château pleurer mon infortune.

FÉDÉRIC, ieul, , ^

Quel bizarre malheur renverse mes desseins. Fuyant mes ennemis, je me mets en leurs mai

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