SCÈNE II LE ROI, LAURE, JULIE
LE ROI
Apprends une heureuse nouvelle.
Ma fille, enfin le ciel propice à mes désirs D'un espoir assez doux flatte nos déplaisirs. L'assassin se dérobe en vain à ma vengeance, Nous en aurons bientôt l'entière connaissance, Un des siens arrêté nous va tout découvrir.
LÀURE, bat à Julie, Enfin, Julie, il faut s'apprêter à souffrir.
LE ROI
Sachant quel intérêt ton amour y doit prendre. Je n'ai voulu sans toi, ni le voir, ni Tentendre; Tu sauras mieux que moi pénétrer dans son cœur Les desseins criminels d'un insolent vainqueur.
LÀURE.
Ah, que ne vois-je ici l'occasion offerte
De sauver un amant dont je pleure la perte!
Avec quelle chaleur suivrais-je mon transport
S'il pouvait arrêter l'injustice du sorti
Mais en vain je me flatte, et, quoi qu'il en avienne. ..
LE ROI
N'accrois point ma douleur en me montrant la Et ne l'écoute plus que pour te souvenir [tienne, Que Rodolphe nous laisse un coupable à punir. C'est à quoi d'autant plus moi-même je m'anime, Qu'un grand trouble s'apprête à suivre ce grand Et que nos ennemis prévenant nos efforts, [crime ; Avec toute leur flotte ont paru sur nos bords. Je les crois déjà voir, après notre disgrâce. D'un invincible orgueil soutenir leur audace. Que n'oseront-ils point courte nous aujourd'hui Que l'État est privé de son plus ferme appui?
LAURE
Si vous vous alarmez des forces de Sicile, Qu'on propose la paix, elle sera facile. Cent fois vos ennemis après de longs combats. Ont voulu s'accorder, mettre les armes bas. Vous seul écoutant trop un désir de vengeance...
LE ROI
Voyons le prisonnier, le voici qui s'avance.
LÀURE.
Juste ciel ! C'est Octave.