SANGRE
Par dépêche secrète Il a cru sûrement l'envoyer à Gaête, Mais quelques espions en chemin l'ont surpris.
LE ROI
Dieux, quel trouble à mon tour agite mes esprj « A l'Infant de Sicile! » 0 ciel est-il possible!
LAURE, bas.
Enfin, cher Fédéric, ta perte est infaillible.
LE ROI, lit, « Rodolphe par mes mains a vu finir ses jours| Et m'oblige en ces lieux à craindre un sort contrat Ne perdez point de temps, venez à mon secoorj Si vous prenez encor les intérêts d'un frère.
« FÉDÉRIC
Puis-je croire au rapport de mes yej Mon plus grand ennemi, Fédéric en ceslieuil 0 de tous les malheurs le dernier et le pirel Pour Rodolphe tué c'est peu que je soupire, Si pour percer mon cœur par des traits plus pj Fédéric n'est l'auteurdes peines que je sens, [sail Il n'est point de malheur sans tache d'infamie^ Quand le coup nous en vient d'une main ennein Et dût sur moi du sort l'ouvrage s'achever, Ce n'est que dans le sang que je la dois laver.
OCTAVE
Puisqu'enfin l'intérêt du prince de Sicile Ne trouve en moi l'appui que d'un zèle inutile Ce serait le trahir que de vous plus cacher Ce glorieux vainqueur que vous faites cherchel S'il vous prive d'un bras dont vousplaignez lapel Sire, à tous combattants la lice était ouverte; Et Rodolphe sans vie à ses pieds abattu, Est un crime du sort, et non de sa vertu.