SCÈNE III : BOI, ISABELLE, FLORE, SâNGHE, suite
LE ROI
S, le ciel sait que de votre infortune > vous aujourd'hui la douleur m'est commune. olphe m'était cher, et j'avais prétendu i le sang satisfit à son sang répandu ; ( si sa triste mort me pousse à la vengeance, ^péril de l'État m'en met dans Hmpuissauce ; kaon peuple alarmé semble me condamner evoir les lois que je pensais donner.
ISABELLE
jqaoi que je doive à l'intérêt d'un frère, i plus à mon roi, seul iip le considère ;
Et croirais de ma gloire obscurcir tout l'éclat. Refusant mon injure au bien de son État.
LE ROI
Non, je n'accepte point la paix qui m'est offerte, A moins que Fédéric répare votre perte. Il le peut, il le doit ; mais le dédiriez-vous, Si vous étant un frère, il vous rend un époux? Quoique son attentat mérite votre haine. Son aigreur doit céder à l'espoir d'être reine : Et l'hymen qui vous porte à cet illustre rang. Efface votre injure au défaut de son sang.
ISABELLE
Quand j'aurais fait paraître une âme assez légère Pour faire mon époux de l'assassin d'un frère. Quand mon cœur deviendraitassez lâche, assez bas, L'intérêt de l'État ne le souffrirait pas. Assez et trop longtemps une funeste guerre Par de longues horreurs désole cette terre; 11 est temps que la paix, étouffant vos discords, Étale dans ces lieux ses plus charmants trésors; Maispourne craindre plus qu'aucun trouble renais- II faut que Fédéric épouse la princesse, [se.
Et que par cet hymen vos deux sceptres unis Rendent cette paix ferme, et tous nos maux finis.
LE ROI
Cependant la Sicile aurait cet avantage D'avoir porté sur vous les effets de sa rage ; Et quand il faut conclure un accord glorieux. Sur ce qu'elle vous doit je fermerais les yeux?
ISABELLE
Enfin si vous jugez que pour y satisfaire. Elle me doive rendre un époux pour un frère. Si le traité de paix me force à l'accepter. L'infant seul est celui que je puisse écouter.
LE ROI
L'infant I Quelle raison à ce choix vous engage ?
ISABELLE
Vous pourrez de lui-même en savoir davantage. Pour servir Fédéric il cache sa grandeur, Et vous le trouverez dans son ambassadeur. J'en ai trop ditpeut-être, et ma rougeurme chasse.
{Elle rentre.) LE ROI, à Sanche,
Admire où me réduit ma nouvelle disgrâce. Lorsqueje pense rompre un hymen que je crains, Un obstacle imprévu s'oppose à mes desseins, J'en vois par cet aveu le projet inutile.