SCÈNE V LE ROI, ENRIQUE, suite
LE ROI
Enrique, on me trahit, tout conspire ma honte, De tant de vœux offerts le ciel tient peu de compte, Et cet ambassadeur que Ton va recevoir Forme un secret obstacle à mon dernier espoir. C'est Tintant de Sicile, et c'est par ses pratiques Queles malheurs publics sont joints aux domesti-
[ques.
Pour surprendre Gaête et s'en a93urer mieux, Il avait su passer inconnu dans ces lieux. Il n'en faut point douter ,mais apprends ce qui reste : Pour fuir une alliance à mon honneur funeste. J'ai voulu d'Isabelle éblouir le courroux, Et lui faire accepter Fédéric pour époux ; Mais, las I J'ai trop connu qu'une secrète flamme En faveur de l'infant ayant séduit son âme, Rend ma poursuite vaine et lui fait en ce jour Préférer à sa gloire un intérêt d'amour.
BNRIQUE.
Sire, ces nouveautés ont droit de vous surprendre ; Mais que peutreDnemi,quoi qu'il ose entreprendre, Puisqu'enfin Fédéric ne borne ses souhaits Qu'à vousrendre aujourd'hui l'arbitre de la paix?
LE ROI
J*en tiendrais l'espérauce aussi douce qu'heureuse Si la condition en était moins honteuse ; Mais m'oser allier d'un prince si brutal. Qu'on ne voit rien en lui qui marque un saog royal. Car enfin tu lésais, que son extravagance M'ayant fait dès l'abord douter de sa naissance. Je n'ai flatté ses vœux que pressé du soupçon Qu'il prit à faux d'un prince et le rang et le nom.
ENRIQUE
Le péril l'étonnait, mais la paix que l'on traite Remettra son esprit dans sa première assiette.
LE ROI
Dans quelque haut péril qu'on soit précipité. Désavouer son rang est toujours lâcheté, Et jamais aux grandscœurs leur vertu ne reproche Qu'ils puissent... Mais déjà l'ambassadeurs'appro- Avant que de résoudre il doit être écouté. [che.