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SUITE DU ROI ET O'SDOUARD

EDOUARD

Sire, mon ordre est su de votre majesté. Le prince Fédéric dont je soutiens la cause, Vous fait parler de paix, et je vous la propose.

LE ROI

Il ne peut la traiter avec plus de splendeur. Si l'infant de Sicile en est l'ambassadeur. Prince, ne cachez plus ce qu'on a pu connaître.

EDOUARD

Puisque je suis connu, je fais gloire de l'être, L'honueur me le commande, il lui faut obéir; Et dût la foi publique en ces lieux me trahir, La gloire d'être prince à mon cœur est trop chèi Pour n'en pas avouer le noble caractère.

LE ROI

0 d'un cœur vraiment haut illustres sentiment!

EDOUARD

La vertu n'autorise aucuns déguisements.

LE ROI

Que n'ose Fédéric en rendre témoignage!

EDOUARD

C'est le rendre assez grand qu'oublier son oulra^ Et tout prêt par la force à s'en faire raison, Ne se pas souvenir d'une injuste prison.

LE ROI, à Enrique, Faites venir le prince. Attendant qu'il paraisse, Quelque juste soupçon que sa feinte me laisse, Je veux bien condamner ces maximes d'Etat Qui m'ont peint sa victoire ainsi qu'un attenta Et quoiqu'un ennemi soit l'auteur de ma perle, Me plaindre seulement du ciel qui l'a soufferte; Mais, si pour le noircir d'un reproche éternel, Son triomphe sanglant n'a rien de criminel, A quoi bon Fédéric, déguisant sa naissance, D'un honteux désaveu souiller son innocence? De quelle vaine peur ce prince combattu Ose-t-il renoncer à sa propre vertu?

On le voit parmi nous en ternir tout le lustre, Fédéric, ce seul nom est ce qu'il a d'illustre; Et tout soD procédé le dément à tel point. Qu'en lui je cherche un prioceet ne l'y trouve poil

EDOUARD

Ou la haute vertu n'est point ici connue. Sire, ou de passion votre âme est prévenue, Puisqu'enfin Fédéric, pour être malheureux, Ne saurait cesser d'être et grand et généreux.

LE ROI

Comme de la vertu le pouvoir est extrême. Je lui rendrais justice en mon ennemi même; Elle ne peut jamais rien perdre de son prix; Et je vous l'avouerai, Fédéric m'a surpris. Du bruit de ses exploits mon âme trop charmée Attendait qu'il remplit toute sa renommée, Quand à l'aspect d'un roi qu'il trouble en ses Éta Ce cœur toujours si haut a paru lâche et bas, Et laisse sans obstacle emporter la balance A l'indigne frayeur de ma juste vengeance.

EDOUARD

Si son cœur jusque-là s'est osé démentir. Qu'à cette indigne crainte il ait pu consentir, Si la vie est un bien qu'à l'honneur il préfère. Ce lâche Fédéric ne peut être mon frère; Et l'heur de la Sicile est trop grand sous nos lot Pour voir un sang impur dans celui de ses rois

LE ROI

Aussi lorsque j'ai vu qu'un honteux stralagèfflc Mais le voici qui vient.

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