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SCÈNE II ÉRIPHILE, NICANDRE, CLÉONE

NICANDRE

, enfin le ciel par une haine ouverte, loDble de Timocrate avoir juré la perte, Msqoe après les serments que la reine en a faits bnuM-t seule pour nous est le sceau de la paix.

ctMQbat où déjà chaque parti s*ap prête, h se donne aujourd'hui qu'au péril de sa tête,

en est le seul but; et quoique des cœurs bas

l'espérance du prix soit Tordinaire appas, [re?

li qu*on nous propose... Hélas! Que vais-je fai-

i tranble à m'expliquer, et je ne puis me taire ;

ttduis mes sentiments interdit et confus,

Teaàècouvre le trouble, et n*ose rien de plus.

ERIPHILE. [dre,

lbfl,Ma, Nicandre, non, cessez de vous contrain- ^eoflAals quel sujet vous avez de vous plaindre ; Tooâ craignez en vain que je prenne intérêt jttste désaveu d'un prix qui vous déplaît, nelqne pressant devoir qui bâte sa vengeance, trop d'emportement la reine se dispense,

\d pour vous animer à servir son courroux, Be prend hors de vous ce qui doit être en vous,

casar qui s'abandonne au désir de la gloire. Ta jamais que soi-même à consulter et croire ; I, quoi qu*il f!t de grand, il aurait à rougir i &a propre Tertu ne le faisait agir, iifisi, dans ce combat où l'honneur vous engage, l'e^ir de mon hymen n'est qu'un pompeux outraloin que son refus irrite ma fierté, [ge ;

eme plains avec vous de son indignité.

Test aux courages bas, c'est aux âmes vulgaires Lgoùter lâchement ces amorces grossières; qui peut en montrer un cœur moins abattu^ même qu'il l'augmente, affaiblit sa vertu, igoez donc un hymen contraire à votre estime, n éclater un mépris légitime, [exploit BOQtrcz qu'un grand cœur embrasse un grand is par l'espoir du prix que par ce qu'il se doit. NICANDRE. [me,

des mépris pour vous I Ah ! Bien plutôt, madarez que je renonce à cette grandeur d'âme, X le charme pour moi n'a rien que d'odieux, toi faut immoler un espoir glorieux, que j^ose en prétendre un plus haut avantage, d'en faire à vos pieds un juste et plein hommage, s'il me laisse encore à craindre également, ooios il nj'autorîse à me montrer amant, ici qu'un regard plus ou moins favorable

Me peut faire ajouter, heureux ou misérable.

iRlPHILE.

Quel charme en ce bonheur penseriez-vous trouver. Qu'un regard peut détruire aussitôt qu'achever? Par sa fragilité connaissez sa faiblesse. Et, sans vous éblouir d'une vaine promesse, Soumettez hautement à la gloire, à l'honneur. Les appas décevants d'un si faible bonheur. Défendez jusqu'au bout l'éclat de votre vie Des traits empoisonnés que décoche l'envie. C'est au trône d'Argos qu'on en veut atgourd'hui. Et le devoir du sang vous en faisant l'appui, Ne lui donnez pas lieu de dire que Nicandre Le voulut partager avant que le défendre. Et qu'au moins il fallut que l'espoir de ma main. Pour être bon sujet, le rendît souverain.

NICANDRE

Hé quoi, madame, hé quoi, ma conduite passée Vous peut-elle souffrir cette injuste pensée. Et quand vos intérêts ont exposé mon sang, M'a-t-on vu démentir la gloire de mon rang? Par quel complot secret ai-je pu faire naître Cet outrageant soupçon que vous faites paraître, Et qui de ma princesse éblouissant les yeux, Ne lui fait voir en moi qu'un prince ambitieux? Ahl Si ce pur amour qui règne dans mon âme, Prend de sombres couleurs pour, vous peindre ma ÉRIPHILE. [flamme...

Nicandre, c'en est trop ; enfin vous me forcez D'opposer ma colère à des feux insensés, J'en voulais étouffer les chaleurs indiscrètes; Mais puisque je vous vois oublier qui vous êtes, Pour punir votre orgueil, c'est le moins que je puis Que de vous faire ici souvenir qui je suis. Certes, si sur l'espoir dont vous flatte la reine. Vous tenez de mon cœur la conquête certaine. Ce cœur né pour le trône est d'un rang bien abject. S'il n'est qu'un prix sortable aux devoirs d'un sujet. C'est le nom que je donne â ces exploits célèbres Qui dérobent le vôtre à l'horreur des ténèbres, Et qui sont trop payés lorsque le souvenir S'en transmet par la gloire aux siècles â venir. Outre qu'un bon sujet qui n'agit et ne pense Qu'à remplir ces devoirs où soumet la naissance, Eùt-il seul empêché la chute de l'État, Sitôt qu'il s'en souvient, n'est qu'un sujet ingrat, Et qu'il serait honteux d'attendre aucun salaire. Quand on sait qu'on a fait que ce qu'on a dû faire.

NICANDRE

Je vous entends, madame; et je vois clairement Qu'il faut être né roi pour être votre amant. Au moins si mon espoir est si peu légitime. Ma mort saura bientôt en effacer le crime. Et laisser par respect à l'un de mes rivaux [vaux. Le prix qu'acquiert un sceptre à ses heureux tra- ÉRiPHiLE. [mes ;

Dans ce sceptre pour moi vous croyez trop de char- Et si ces deux rivaux vous causent tant d'alarmes, Pour vous désabuser, apprenez que mes vœux

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