‹ Théatre completChapitre 500 sur 1461 · SCÈNE I MARCIA, LUCIE · texte numérisé non relu

SCÈNE I MARCIA, LUCIE

MARCU.

En vain de sa vertu la sévère maxime Trouve de mon espoir l'appas illégitime. Et tient le diadème un objel de mépris, Quand l'hymen d'un tyran en doit être le prix. Je sais qu'un naturel farouche et peu trai table De cent proscriptions rend Commode coupable ; Mais tant de cruaulés indignes d'un beau sang. Déshonorant son nom, n'abaissent pas son rang; Et quoique leur excès mérite le tonnerre. Il demeure toujours le maître de la terre. Dans le brillant éclat de cette dignité Souffrons à ses forfaits un peu d'obscurité; Et ne voyons en lui que la gloire d'un titre Qui de tout l'univers nous peut rendre l'arbitre. J'aime d'un si beau feu les pressantes ardeurs; Et c'est là proprement la marque des grands cœurs.

LUCIE

Elle est noble, elle est haute, et je doute qu'Helvie Ne la condamne en vous par un motif d'envie; La cour que sa fierté s'obstine à dédaigner, La pourrait voir sensible à l'espoir de régner. Dans toute sa vertu son humeur est alliére ; Et, s'il faut vous ouvrir mon âme tout entière.

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