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SCÈNE II SINORIX, PHÉDIME

PHÉDIME

Je l'avais bien prévu, seigneur, que la menace, Loin d'étonner sa haine, aigrirait son audace; Il fallait, sans la voir, en venir aux effets.

SINORIX.

Ahl Laisse-moi trembler du dessein que je fais, Et souffre à ma vertu, que mon amour opprime De faire quelque effort pour m'épargner un crime Cet exil qu'elle presse a droit de m'effrayer, Avant ce dur remède il faut tout essayer. Au péril de l'orgueil qu'elle m'a fait paraître J'ai dû lui faire voir quels maux en peuTcnl naître Va lui parler encore et tâche d'obtenir... Mais quel frivole espoir ose m'entretenir? Après tant de refus d'obéir, de se rendre, Aijerien à tenter? Ai-je rien à prétendre? Non, non, il faut enfin à son cœur indigné Dérober la douceur de me voir dédaigné, De voir que si la haine à ma flamme s'oppose, De tout ce que je souffre elle est la seule cause.

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