‹ Théatre completChapitre 834 sur 1461 · SCÈNE VI ARIARATE, PHRADATE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI ARIARATE, PHRADATE

PHRADATE.

Seigneur, d'où natt ce bruit qui tout à coup éclate ? Muilius, dit-on, amène Ariarate, Û se montre, on le voit.

ARURATB.

N'en soyez point surpris, ^ un avis secret j'ai déjà tout appris. ^û imposteur qu'anime une coupable audace,

De ma première enfance ayant su la disgrâce. Et n'oyant plus parler de mon enlèvement, A pris enfin mon nom, et l'a pris hautement. Comme fils du feu roi, que de longues misères Firent vivre incertain du vrai rang de ses pères, Pour trouver les moyens d'en terminer le cours. Il est venu de Rome implorer le secours. Rome qui de mon sort eut toujours connaissance, A feint de s'abuser sur sa fausse naissance, Et ne l'envoie ici qu'afin de l'y punir Du mensonge insolent qu'il ose soutenir. J'en tire au moins ce fruit, que s'il est quelque traî- Aux périls de ce fourbe il se fera connaître, flre, Quoiqu'après les bontés que ma mère a pour moi. Mes secrets ennemis me causent peu d'effroi.

PHRADATE.

Vous la croyez vaincue?

ARIARATE.

Oui, la nature est forte ; Et telle est pour son fils la chaleur qui l'emporte, Que de peur que du sceptre on osât abuser. Elle se contraignait à vouloir m'épouser. Jugez, me connaissant, ce que j'en dois attendre. Cependant ayez soin d'observer Anaxandre, Et j'irai découvrir, quand il s'agit d'un roi. Quels secrets sentiments Axiane a pour moi.

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