‹ Théatre completChapitre 859 sur 1461 · LA TANTE. [VOUS · texte numérisé non relu

LA TANTE. [VOUS

Que n'est-il vrai! Mais non, ils ont besoin de nous; Et venus à Paris pour quelque grande affaire. Je les dois regarder comme amis de mon frère. Tir sais ce que pour eux d'Angleterre il m'écrit. Qu'en leur faveur je tâche à trouver du crédit, Et que les obliger, c'est l'obliger lui-même.

LISETTE

Mais ne croyez-vous pas que l'un des deux vous

LA TANTE. [aimo?

J'aurais lieu de le croire; et Léandre du moins Semble, pour me gagner, ne manquer point de

[soins :

Mais enfin, je crains tant qu'il ne soit pas honnête, Qu'à me remarier je me montre si prête...

LISETTE

Le veuvage est un don qu'on m'a toujours appris Que le ciel ne départ qu'à ses plus favoris; Et si dans ce qu'on sait par mai n te et mainte épreuve. Vous pouviez transporter votre office de veuve, Au lieu de le garder toujours en enrageant, U vous serait aisé d'en trouver de l'argent. Malgré des blonds cheveux la mode avantageuse. Un bandeau sied au front mieux qu'une paresseuse* Mais, madame, chacun sait ses nécessités.

LA TANTE

u est vrai, le veuvage a ses commodités. Mais, s'il en est à qui le mariage coûte, D'autres n'y trouvent pas...

LISETTE

Vous le savez sans doute.

Pendant plus de trente ans vous avez eu loisir D'apprendre ce qu'il a qui touche le désir ; Le défuntvousaimait,etchacun sait bien comme....

LA TANTE

Au mal de jaloux près, je le trouvais bon homme; Mais il était si vieux...

LISETTE

J'entends; pour réconfort.

Vous en voulez un jeune?

LA TANTE

Hé, Lisette, ai-je tort?

LISETTE

Non pas; et la jeunesse est d'un si grand usage, Qu'ayant à prendre maître, il le faut du bel âge;

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