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FLAMINIUS, PRUSIAS, ARAXE

PRUSIAS

N'épargnez point mon zèle en ce péril insigne; Après deux ans d'asile Annibal qui me fuit. De ma fidélité me peut ravir le fruit. Vous troubler chez Atlale; et, de cette entreprise, J'empêcherais le coup en retenant Élise, Parlez, et dans ma cour je la fais arrêter.

FLAMINIUS

Votre amitié pour nous ne peut mieux éclater. Seigneur, et j'aurai soin que Rome soit instruite Du procédé d'Attale, et de votre conduite. Mais, vous défendrez-vous d'admirer avec moi. Jusqu'où l'orgueil du trône enfle ce jeune roi ? Pour l'empêcher d'aimer il n'est rien qui l'étonné.

PRUSIAS

On s'oublie aisément avec une couronne ; Il est jeune; et, l'amour qu'anime la fierté. Va plus loin quelquefois qu'on ne l'a projeté. Ainsi voyez, seigneur, ce que Rome hasarde A souffrir qu' Annibal...

FLAMINIUS

C'est à quoi je prends garde ; Hais aussi je ne puis voir, tout à coup, perdus Les services qu'Attale au sénat a rendus. Eumène comme lui toujours ardent, fidèle,

En cent occasions nous a marqué son zèle; Et Rome se plaindrait si, contre ses souhaits, Je rallumais la guerre où j'apportai la paix. C'est parla que d'un feu que suit un peu d'aodice, Attale a mérité que nous lui fassions grâce; Et que par trop d'aigreur nous ne l'exposions pas A prendre contre nous des sentiments iognts. Son amour satisfait, sans doute, il aura peine A vouloir faire tête à la grandeur romaine; Et, sur cet hyménée où je le vois porté, Sa foi nous répondra de sa sincérité.

PRUSUS.

Quoi, vous consentirez à lui donner Élise?

FLAMINIUS

C'est à quoi du sénat l'intérêt m'autorise. Ne pouvant éviter qu'elle prenne un époux, Si je refuse Attale, où le choisirons-nous? Par qui mieux que par lui pouvoir s'assurer d'elle?

PRUSIAS

Par moi, seigneur, par moi, dont vous savez lezèle, Et qui, tout au .sénat, ne puis voir sans rougir Que je parle, et qu'un autre ait la gloire d'agir.

FLAMINIUS

Que dites-vous, seigneur?

PRUSUS.

Q ue pour vous être nûk Je voulus qu'Annibal chez moi trouvât asile, Et qu'avec même ardeur, du même esprit poossé» J'achèverai pour vous ce que j'ai commencé. J'épouserai sa fille.

FLAMINIU8.

0, digne efl'ort du zèle, Qui ne cherchant que Rome, immole tout pour elle! Vous forcer à l'hymen 1 Vous m'en voyez surpris.

PRUSIAS

Je sers la république, et j'en reçois le prix.

Non, non, elle doit trop à vos rares services, Pour accepter de vous de pareils sacrifices. Quoi qu*Annibal impute à ses justes rigueurs, Elle se connaît mal à contraindre les cœurs.

PRUSUS.

Le mien ne promet rien que ma foi n'accompiis».

FLAMINIUS

Un hymen, sans amour, est un trop dur supplice.

PRUSUS.

Jamais je n'en aurai le moindre repentir; Et pourvu...

FLAMINIUS

Non, seigneur, je n'y puis consentir, Aux intérêts de Rome Attale peut suffire.

PRUSUS.

flébien, j'aime, seigneur, puisqu'il fautvousledire, Jouissez d'un aveu qu'il vous plaît d'arracher.

FIJOflNIUS.

Vous aimeriez Élise et l'auriez pu cacher?

PRUSUS.

Jugez par cet effort si je vous suis fidèle, [belle. En vain mes yeux cent fois m'ont dit qu'elle était

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