ACTE I, SCENE HI
poufoir plus poursuifre ce coquin d'intendant qui a enlevé montemoiselle Louisa, et qui fouloir l'épouser; alors, temain, ché pendre moi tout toucement par mon cou.
BLUM
Et Je le souffrirais! le cousin de mademoiselle Brigitte! non, corbleu!
BRIGITTE
Quoi! vous voudriez?...
BLUM
Est-ce qu'entre parens on ne doit pas s’entr’aider? (A Maurice.) Tenez, nous avions douze frédérics pour entrer en ménage; partageons, et ce soir vous serez de la noce; vous nous servirez de témoin.
MAURICE
Il serait vrai? vous vous técidez enfin.
Arr; Amis, voici la riante semaine.
Quoi! mon cousin’ va cesser d’être fille!
Vous qui craigniez de tevenir époux.
BLUM
Ca nous regarde.
MAURICE
Et le petit’ famille ?
BLUM
S’il en arrive, ils feront comme nous.
BRIGITTE
A l'espérance ici mon cœur se livre,
De leur destin pourquoi s'inquiéter ?
Et pour savoir s'ils auront de quoi vivre, Permettons-leur, avant tout, d’exister,
MAURICE
C’est ça; che fais aller bayer le père Kaufmann, et tâcher en touceur d’afoir des nouvelles de montemoiselle Louisa et de son tuteur.
BLUM
Je descends avec vous; car il faut que je passe au presbytère.
BRIGITTE
Y pensez-vous? dans ce costume? votre veste de travail?
BLUM
Je n’en ai pas d'autre; et, grâce à mon beau manteau neuf, que je mettrai par-dessus, j'aurai l'air d'un comte du Saint-Empire.
BRIGITTE
On ne se marie pas avec un manteau.
BLUM
Vous avez raison; mais pour avoir un habit neuf, c’est trop cher. Attendez, j'ai ce qu’il nous faut. (Courant au paquet de serge verte.) Voilà un beau frac bleu, que mon maître m'a dit de porter ce soir chez une pratique; je peux bien ne le lui porter que demain, et l’essayer en attendant; c’est un service que je lui
rendrai.
BRIGITTE , à Blum,
Est-ce que c’est permis?
BLUM
Tiens, par exemple ! il appartient à un grand seigneur qui en à bien d’autres, le comte de Rinsberg.