SCÈNE IV
BRIGITTE, seuLe.
Arr du vaudeville de la Somnambule.
Enfin , au gré de mon impatience, Je vais ce soir former ce nœud charmant; Dans les beaux jours de mon adolescence , J'en conviendrai, j'y pensai bien souvent.
Je sais, m’ rappelant mon aurore, Qu'on est curieuse à quinze ans, Mais à vingt ans, on l’est bien plus encore, Car on attend et depuis plus long-temps.
Et quand on est comme ca au moment, ça produit un effet qu’on ne peut pas rendre. Il est vrai que M. Blum est un garçon si doux, si honnête et si respectueux.. c’est aujourd’hui, pour la première fois, qu’il s’est hasardé à me faire une telle demande. C’est singulier que ça ne lui soit pas venu plus tôt; j'en ai eu souvent l’idée; mais une demoiselle qui se respecte n’avoue Jamais ces idées-là. Voyons ce papier que m’a remis mon Cousin; cest peut-être quelque patron ; non, c'est de l'écriture, eh mais ! c'est de M. Plefel, l’intendant ! un ordre de lui remettre les clefs, et de partir ce soir, à l'instant même, sous peine d’y être contrainte, et par corps. Une contrainte par corps |
ACTE 1, SCÈNE V. 297 le jour de mon mariage ! qu'est-ce que ça veut dire? Je ne peux pourtant pas partir sans payer; et je lui dois six frédérics , juste ce qui nous reste ! de sorte que, pour entrer en ménage, nous allons nous trouver plus pauvres qu'auparavant; et il va falloir encore attendre ! Ah mon Dieu ! mon Dieu ! attendre encore, quand on était au moment! moi, d'abord, c’est fini... je n’ai plus de patience.