‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 181 sur 306 · SCÈNE VIT · texte numérisé non relu

SCÈNE VIT

M. DE NOIRMONT

Il ne s’agit pas de cela ; allez donc au fait. MADAME PRESTO.

C'est une manière d’y arriver. (AM. ae Berke) Et à un grand seigneur, à un ministre, par exemple, pour qui j'aurais de l’amitié, je ne souhaiterais point d’autre chef d'office que mon mari. (M ae Berlac s’assiea.) C’est un cadeau que je lui ferais.

M. DE BERLAC.

Son nom?

MADAME PRESTO

Presto, cuisinier italien.

M. DE BERLAC.

Cuisinier bouffe.

MADAME PRESTO

Connu par la vivacité de son exécution; avec lui on n'attend jamais, et l’on dîne toujours de bonne heure. (A part.) Et le déjeuner qui n’arrive pas.

(Elle va vers le fond.) M. DE BERLAC.

Ses titres ?

MADAME PRESTO, revenant et s’approchant de M. de Berlac , qui est assis.

Auteur d’un Traité sur le macaroni; attaché au dernier conclave en qualité de restaurateur; employé au congrès de Vérone; et, dans les cent jours, il à refusé une place de cinquante napoléons, chez un chambellan dont Îa fortune était douteuse et les opinions suspectes.

M. DE BERLAC , se relevant.

C’est bien : il aura quinze cents francs.

Ars ; Mon père était pot.

Oui, les diners sont dans nos mœurs ; Chez moi, je veux qu’on diue.

J'ouvre aux penseurs , aux orateurs,

Ma table et ma cuisine.

Maïs, Malgré mes mets Et mes vins Divins, Les lois, l'honneur, la charte, Seroft respectés Et nos libertés Ne pairont pas la carte.

(Juliette entre, suivie d'un domestique qui porte un petit guéridon sur lequel

se trouve le déjeuner.)

MADAME PRESTO

Voici le déjeuner.

M. DE NOIRMONT , bas à madame Presto.

Mais parlez done de moi.

MADAME PRESTO

Noûs ÿ voilà. (M. de Berlac s’assied. Madame Presto est à côté de lui,

à sa gauche. Juliette et M. Dufour, à droite. M. de Noirmont auprès de madame Presto. }

M. DE BERLAC.

Beau déjeuner ! (Regaraant Jutiete.) Jolie fille. (Montrant Dufour.) Et celui-là, c’est votre mari, M. Presto, dont vous me parliez tout-à-l’heure ?

JULIETTE

Non, monsieur, ce n’est pas là mon père. N'est-ce 2. ) pas, maman :

MADAME PRESTO

C'est un homme du plus grand mérite, un comp-

SCÈNE VIIL 297 table ! un administrateur! et s’il y avait une justice au monde , il y a long-temps qu'il serait receveur.

M. DE BERLAC.

Comment cela ?

Ii en a exercé les fonctions en secret, pour un homme nul et sans talens, qui en avait le titre et les appointemerns , tandis que lui en remplissait la place, avec un zèle , une intégrité. C’est cette place de receveur particulier qui est maintenant vacante,

M. DE BERLAC.

Que me dites-vous là ?

M. DEINOIRMONT , bas,à madame Presto.

Y pensez-vous? cette place que j’aien vue pour

mou gendre | MADAME PRESTO.

Écoutez done, j'ai aussi une fille à marier.

M. DE BERLAC.

Voilà qui n’est pas juste: et la justice avant tout; il aura la place. Son nom?

MADAME PRESTO

M. Dufour, commissaire au Mont-de-Piété.

(Bos à Dufour.) Vous avez votre place.

M. DE NOIRMONT

Madame Presto, voilà qui est bien peu délicat. MADAME PRESTO, de même.

La famille avant tout.

M. DE NOIRMONT , à part.

Je vois bien qu'il faut que je me soigne moi-même,

(Haut) Madame Presto, a-t-on apporté les exemplaires de mon dernier ouvrage ?

M. DE BERLAC.

Un ouvrage! qu'est-ce que c’est? et de qui?

De M. de Noirmont,

M. DE NOIRMONT

Allez donc, allez donc. * .

MADAME PRESTO

Un homme très capable, et qui loint aux plus grands talens le plus beau caractère. Il à été inspecteur-général pendant vingt ans , et a donné sa démission pour cause d'économie publique.

M. DE BFERLAC.

* I serait possible !

MADAME PRESTO

M. de Noirmont ! c’est connu, tout le monde vous le dira. /

M. BE BERLAC , se levant de table.

Une injustice à réparer ! c’est mon affaire, c’est mon état. (Ailantà M. de Noirmont) Mon ami, j'ai besoin dans mon ministère d’un secrétaire-général. Touchez là, je vous nomme. Voilà comme Je suis; c’est toujours cela en attendant mieux.

M. DE NOIRMONT

Ah ! monseigneur ! une pareille faveur.

DMFOUR à "rite Pretle,

Monseigneur ! que dit-il ?

M. DE NOIRMONT

C’est le ministre lui-même.

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