SCÈNE XHL 319 GEORGES
Je vous remercie, monseigneur; mais je n’en veux pas.
M. DE BERLAC.
Qu'entends-je?
JULIETTE
Comment ! M. Georges, vous refusez ?
Oui, mademoiselle; je n’ai pas d’ambition; je ne tiens pas aux honneurs, aux dignités; je ne tiens qu'à vous.
JULIETTE
A la bonne heure; mais ca n'empêche pas.
M. DE BERLAC.
Jeune hemme, jeune homme, donnez-moi la main, l’autre. Ce n’est plus une place que je vous offre; c’est mon amitié, vous l'avez; et, par-dessus le marché, je vous nomme chef de division.
* "GEORGES
Mais, monseigneur…
M. DE BERLAC.
Conseiller-d’état, directeur-général.
GEORGES
Non, non; et cent fois non. Je n'accepte de tout cela que votre amitié.
M. DE BERLAC.
Mon amitié, soit ; mais j'espère que vous prendrez quelque chose avec.
A:r de Tarenne.
Venez toujours diner au ministère , Rien qu’en ami l’on vous y traitera; Nous vous verrons y prendre goût , j'espère.
GEORGES
Je ne crois pas.
M. DE BERLAC.
Ca vous viendra, Au ministère on connaît ça.
Tous ces dineurs qui font les bons apôtres,
Sans avoir faim, prennent place au repas, Et l’appétit vient.
GEORGES
En mangeant.
M. DE BERLAC:
Non pas, Mais en voyant manger les autres, Rien qu’en voyant manger les autres.
M. DE BERLAC.
Mais, à propos d’appétit, où est donc mon secrétaire-général, M. de Noirmont?
JULIE PTE, danpraclent de M. de Eorlre,
Je n’osais pas en parler à monseigneur ; car nous avons cru, en bas, que c'était par son ordre qu'il venait d’être arrêté.
M. DE BERLAC.
Arrêté ! qu'est-ce que cela signifie?
JULIETTE
Ah! mon Dieu oui, des cadenas aux portières et des hommes à cheval qui escortaient la voiture.
( Georges veut l'empêcher de parler. )