VALÉRIE, HENRI
HENRI
Enfin , il est parti !
VALÉRIE
Eh bien! que me voulez-vous ?
HENRI
Vous venez de lapprendre; on attend ce comte de Halzbourg, l'un des plus grands seigneurs de l’Allemagne, un millionnaire ; et moi qui n’ai d'autre fortune qu’une modeste place.
1/ VALÉRIE
VALÉRIE
Eh bien, qu'importe?
HENRI
Qu'importe ! il veut plaire à Caroline, il vient pour l’épouser, et vous ne savez pas que je l'aime, que je l'adore, que personne ne s'en est encore aperçu ?
VALÉRIE
Excepté moi.
Comment, il serait possible ?
VALÉRIE
Oui. Depuis quelques jours vous êtes triste, silencieux; aucun plaisir ne paraît vous toucher: alors j'ai réfléchi, je me suis rappelé.
( Elle a l'air de tomber dans une profonde rêverie. } HENRI.
Eh bien ,avez-vous jamais connu quelqu'un de plus malheureux que moi? Si du moins Caroline savait mon amour! J'aurais presque le droit de la défendre, de disputer son cœur. Je serais trop heureux de l’arrivée de ce comte de Halzbourg; mais en ce moment, comment aller le défier ? comment lui contester le titre d'époux, moi qui n’ai pas même celui d’amant ? Il faudra donc être témoin d’un bonheur auquel je n’ai pas le droit de m’opposer. Non. Je veux oublier Caroline, je veux la fuir et m'éloigner à jamais,
VALÉRIE
Vous éloigner ! croyez-moi, mon ami, c’est un