SCENE Vin
Les Mêmes, HECTOR, puis LA ROMBIÈRE.
BRISSAUD.
Bravo, Le Hercheur ! Nous venons de vous admirer... Vous avez été très bien.
HECTOR
Je n'ai pas eu à m'employer beaucoup... mais il faut avouer que cette noblesse suédoise a le poignet solide. (Saluant.) Mesdames !...
COLETTE
Oh ! monsieur Le Hercheur, nous vous devons un quart d'heure d'angoisse ! C'était charmant !
MADAME BRISSAUD.
Charmant et même émouvant ; on a trop rarement l'occasion de voir cela, nous autres femmes!
HECTOR
Trop bonnes, mesdames... J'ai fait de mon mieux pour vous être agréable... D'ailleurs, je sentais vos regards sur moi, et je tenais à vous offrir un spectacle digne de vous.
Nous vous remercions... Mais ne vous croyez pas obligé de recommencer. Où est donc mon mari?
HECTOR
Dans le hall. 11 rédige le procès-verbal avec les autres témoins... Ce ne sera pas long, j'espère.
LA ROMBIÈRE, entrant.
Elle est bonne! Elle est bien bonne! Aimable surprise ?
GERMAINE
Qu'est-ce qu'il y a, La Rombière?
LA ROMBIÈRE, saluant.
Chère madame... (A Hector.) Dites donc, Le Hercheur, est-ce que vous avez déjà eu l'occasion de blesser en duel un inspecteur des jeux?...
HECTOR
Vous plaisantez ?
LA ROMBIÈRE.
Eh bien, cher ami, c'est ce que vous venez de faire tout à l'heure.
BRISSAUD.
Ah! bah!... le baron de Fersen?...
LA ROMBIÈRE.
Non seulement il n'est pas baron, ce qui est assez rare à x\ix, mais encore il a été envoyé pour surveiller les jeux, ce qui est encore plus rare !...
HECTOR
Comment lavez-vous appris ?
LA ROMBIÈRE.
Les témoins nous ont avoué son identité. Mais nous avons laissé le nom de Fersen dans le procèsverbal, pour ne pas compromettre un brave garçon vis-à-vis de ses supérieurs.
HECTOR, fJigne.
Je vous l'aurais demandé. N'importe, il tire bien !... Et je ne regrette ni de lui avoir serré la main, ni de lui avoir donné un coup d'épée...
LA ROMBIÈRE.
En tout cas, mes chers amis, ne répandez pas