SCENE IX GERMAINE, HECTOR, puis TENCIER
GERMAINE
Eh bien ! Vous voyez où vous a mené votre fanfaronnade!... à vous couvrir de ridicule.
HECTOR
Je le sais bien que je vais être couvert de ridicule. Les Brissaud m'ont promis le secret, mais ce qu'on appelle promettre le secret sur une histoire...
GERMAINE
C'est raconter cette histoire à tout le monde sous le sceau du secret.
HECTOR
Voilà... Et par conséquent, ce soir, je serai la fable d'Aix-les-Bains... Je serai le monsieur qui s'est battu avec un agent de la brigade des jeux...
194 EN (iARDE !
j'aurai blessé une casserole!... Je connais l'esprit des villes d'eaux... on m'appellera le « rétameur » ! ou quelque chose d'aussi bête. Mais qu'est-ce que ça peut me faire? Vous croyez que ça me vexe ?... Pas du tout! Je suis heureux de vous avoir fait ce nouveau sacrifice. . . Moi, Le Hercheur, j'ai été grotesque, mais je l'ai été sans regret ; car il y a une chose qui corrige le ridicule, et qui l'elface môme complètement : c'est de l'avoir bravé pour la femme que l'on aime !
Ah ! vous m'aimez !
HECTOR
Oui, madame, je vous aime.
GERMAINE
Et vous avez la vague idée que je deviendrai votre maîtresse?...
HECTOR
Je n'oserai jamais le dire, mais je l'espère.
GERMAINE
Un mot, Le Hercheur. Est-ce que dans votre vie vous avez rencontré des honnêtes femmes ?
HECTOR
Rarement... et toujours au moment précis où elles cessaient de l'être.
GERMAINE
Je dois vous prévenir qu'avec moi vous ne connaîtrez jamais ce moment-là.
HECTOR
Pouvez-vous comparer le sentiment que j'éprouvais pour ces frivoles créatures avec la passion ardente, lamour presque sauvage que je ressens aujourd'hui ! Oh ! je ne fais pas le malin, ce