‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 130 sur 305 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

n'est pas depuis longtemps. A Paris, vous avez pu remarquer que je ne vous ai jamais fait la cour, et pourtant je suis le camarade de salle d'armes de votre mari, je suis son ami de cercle... Eli bien, vous ai-je jamais dit autre chose que des banalités ?

GERMAINE

Ça, c'est bien vrai !...

HECTOR

Tout à coup, ici, dans un décor différent vous n'avez plus été pour moi la même femme. Il m'a semblé que je vous avais méconnue, j'ai fait attention à vous.

GERMAINE

Oh ! que c'est gentil de votre part.

HECTOR

Ma parole!... Seulement, vous n'avez pas fait attention à moi. Et ce qui est grave, c'est que cela ma causé un véritable chagrin. Jusqu'à présent, quand une femme ne m'aimait pas, ça m'était presque aussi indifférent que quand elle m'aimait. Tandis que, si vous ne m'aimiez pas, vous, je serais très malheureux... Savez-vous que je me ferais tuer pour vous?

GERMAINE

C'est très curieux ! Vous ne parlez que de mort, de massacre, de passion sauvage... C'est un sujet de conversation plutôt pénible. Sans compter que je ne crois pas plus au massacre qu'à la passion ardente. Vous m'aimeriez comme vous avez tué votre adversaire, l'inspecteur baron de Fersen. Je ne m'en porterais pas plus mal! Et ce serait fini à la première reprise. 11 vaut mieux arranger cette affaire-là entre nous, voulez-vous ! Ce n'est pas la peine de prendre des témoins.

lOCi EN GARDE !

Madame, vous êtes cruelle !

GERMAINE

Non ! je suis clairvoyante, je vous assure. A présent, vous voilà fixé... Alors, il vaut mieux cesser vos petits travaux d'approche, qui finiraient par me compromettre.

HECTOR

Compromettre ! Moi, Le Hercheur ! compromettre une femme! Et quelle femme I vous!...

GERMAINE

Certainement.

HECTOR, fausse sortie.

Ah ! Madame, vous avez dit un mot de trop !

GERMAINE

Qu'est-ce qui vous prend, maintenant?

HECTOR

Rien. . . rien. Je m'en vais. . . Je ne sais pas exactement ce que je vais faire... Mais je vous donne ma parole d honneur que vous ne me reverrez plus.

GERMAINE

Mais je ne vous empêche pas de rester auprès de moi !

HECTOR

Ma décision est prise. Je vous aime d'une façon profonde, je vous aime comme on n'a jamais aimé, du moins dans le milieu où nous sommes ; et vous me répondez par des railleries et des paroles légères. Je ne comprends pas l'amour de cette façon : je suis blessé, je soutfre, je pars !

GERMAINE

Voyons, Le Hercheur.. voyons, mon ami !

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