‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 141 sur 305 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

HECTOR, seul, puis MADAME JACOB, puix EMILE.

HECTOR, prend une clef, ouvre un secrétaire, lire un coffret plein de bleux.

Mon supplice ! Un mois d'espoirs fous suivis do déceptions, rendez- vous accordés, contremandés un quart d'heure après! Il est temps que cela finisse... ou plutôt que ça commence ! (On frappe.) Elle ! déjà? Elle est en avance ! fii ouvre la petite porte de gauche.) Comment ! C'est VOUS, madame Jacob?

MADAME JACOB, des épées à la main.

Oui, monsieur Le Hercheur. Et je vous apporte une belle paire d'épées du seizième siècle... une paire d'épées ayant appartenu à...

HECTOR

Eh ! il est bien question d'épées ! , . . Vous n'avez donc pas vu mon valet de chambre ?

MADAME JACOB

Oui, monsieur Le Hercheur... j'ai vu monsieur Emile.

HECTOR

H ne vous a donc pas dit qu'il allait venir une dame?

MADAME JACOB

Oui, il me l'a dit. 11 va venir une dame dans ma boutique, n'est-ce pas? Une dame avec une grande voilette épaisse. Elle demandera à voir

des bibelots... elle m'en achètera un, puis, pendant que je détournerai complaisamment la tète, la dame prendra la petite porte du fond, grimpera l'escalier, et rentrera chez vous sans crainte d'être surprise. Il y a dix ans que j'ai loué la boutique et que tous les locataires de cet appartement se servent de ce petit truc pour recevoir les dames qui ne veulent pas entrer chez les garçons par la grande porte. Seulement, monsieur, je dois vous prévenir que je vais être obligée de la quitter, la boutique !

HECTOR

Et pourquoi, madame Jacob?

MADAME JACOB

Parce que le propriétaire veut m'augmenter et que le commerce n'est plus possible! Ainsi, par exemple, voici une paire d'épées du seizième siècle, ayant appartenu au célèbre baron Scarpia, que je ne peux pas arriver à vendre. Et elle est pour rien, la paire d'épées...

HECTOR, indifférent.

Ah!

Madame jacob.

Je la donnerais volontiers pour cinq cents francs... Je vous la laisse, n'est-ce pas? Pourvu que j'aie les cinq cents francs demain à midi. C'est le jour du terme.

HECTOR

Madame Jacob, voilà dix fois que vous me vendez cinq cents francs des objets qui n'ont d'autre valeur que celle que vous voulez bien leur accorder. Savez-vous de quel nom des malveillants appelleraient ce que vous faites, madame Jacob?

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