‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 143 sur 305 · SCENE III HECTOR, GERMAINE · texte numérisé non relu

SCENE III HECTOR, GERMAINE

HECTOR

Vous ! Vous !

GERMAINE

Oui, c'est moi ! El comment suis-je ici? Ça, je ne me l'expliquerai jamais. Enfin, j'y suis! Fer-

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mez la porte! Bien!... Et puis, que je me débarrasse de ça !

(Elle pose les plats.)

HECTOR, lui [irvuiinl les juninx.

Germaine... ma Germaine !...

GERMAINE, .se dégageant et relevant .sa vuilelte.

Laissez-moi d'abord regarder où je suis... Quelle est cette pièce?

HECTOR

Un petit salon attenant à la salle d'armes.

(Désignant la haie.) La sallc d'armCS est là... GERMAINE.

Il n'y a personne, j'espère?

HECTOR, ai'ec reproclie.

Comment?...

GERMAINE

Il n'y a pas de maître d'armes ?

HECTOR

Pas encore ! La soirée est pour dix heures. Nous avons deux bonnes heures.

GERMAINE

Gomment, deux bonnes heures ! Vous vous imaginez que je resterai ici jusqu'à ce que mon mari arrive?... Mais je resterai à peine un quart d'heure, pas une minute de plus. Et ce quart d'heure-là, vous le devez à une scène épouvantable que Julien m'a faite tantôt !

II vous a fait une scène?... Et de quel droit?

GERMAINE

Ça couvait depuis un mois. Il est en pleins soupçons. C'est incroyable ! Lui qui a toujours été d'un caractère confiant, il ne pense plus

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qu'à vous, mon ami... Il ne me parle que de vous... Ah! vous ne savez pas ce que vous lui devez !

HECTOR

Je ne veux rien lui devoir.

GERMAINE

Si! si! A mon retour d'Aix, je ne demandais qu'à vous oublier... Et j'y serais parvenue sans difficulté. 11 n'y a pas eu moyen!... Il n'était question que de vous, à table, au spectacle, dans l'intimité... partout, enfin, partout!

HECTOR

N'insistez pas... Et comprenez ce qu'il y a de blessant pour moi...

GERMAINE

Ah ! très bien ! Moi qui croyais vous faire plaisir! Enfin, n'importe... Tous les matins, depuis un mois, j'étais résolue à vous céder.

HECTOR

Bien!

GERMAINE

Mais, l'après-midi, mon mari me quittait, alors j'étais seule et je réfléchissais...

HECTOR

C'était le moment de m'appeler !

GERMAINE

Eh bien, mon ami, c'est juste à ces moments que je n'y pensais plus... Au fond, j'ai la vie la plus tranquille du monde, un peu banale, mais tranquille, je suis aussi heureuse que peut l'être une honnête femme. Qu'allais-je chercher de plus? Qu'est-ce que vous me donnerez que je n'aie pas ?

HECTOR

La passion !

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