ACTE II, SCÈNE m
GERMAINE
Comme c'est vrai! Vous avez raison. C'est idiot, ça va nous entraîner dans des complications sans nombre... Mais c'est fatal! je commence à croire que c'est fatal.
HECTOR, lui embrassant les mains.
Ma chérie... A demain, n'est-ce pas? Cette soirée va me sembler interminable... Heureusement que je vais dépenser de l'énergie, que je vais pour ainsi dire me battre... Et j'aurai ainsi l'impression que je me bats pour vous...
GERMAINE
Et moi, pendant ce temps-là, je songerai à demain! Et nous sommes déjà des complices... des complices d'un crime qui n'est pas encore commis.
HECTOR
Ce sera magnifique... et compliqué!
Maintenant, laissez-moi. Ne m'embrassez plus. . . Je dîne rapidement chez Fernande, en garçons... Je suis capable d'être très émue ce soir. C'est là qu'on va se battre ?
HECTOR
Oui... Voulez-vous jeter un coup d'oeil?
(Il la mène à droite et allume. On aperçoit des rangées de chaises et une planche.)
GERMAINE
Volontiers. C'est impressionnant ! Ça fait passer un frisson. Il n'y a pas de danger, j'espère ?
HECTOR
Aucun.
GERMAINE
Ohi je suis restée plus qu'un quart 4'heufe...
Je suis en retard: Fernande m'attend... je me sauve ! A ce soir, mon ami.
HECTOR
A ce soir... et à demain.
GERMAINE
A demain. Au fait ! je vous enverrai peutêtre deux ou trois petits bleus pour vous dire que je ne viens pas... mais je viendrai... je viendrai! Vous avez ma parole. Ah ! rendez-moi mes plats. Qu'est-ce que je vais en faire? Tiens! je vais les donner à Tencier dont c'est demain la fête.
Ah ! c'est sa fête ? Je n'y pensais plus. J'ai justement pour lui deux épées du seizième... du seizième siècle... C'est un amateur.
GERMAINE
Merci pour lui!... Adieu ! A demain... fSe retournant au moment de sortir.) Si je ne veuais pas demain, vous vous tueriez, n'est-ce pas?
HECTOR
Oui... je vous le jure !
GERMAINE
Je viendrai, alors, je viendrai!... Adieu!
(Elle sort par la petite porte de gauche.)