ACTE M, SCÈNE IV
EMILE
Oui, monsieur. J'ai préparé le costume blanc comme monsieur me l'avait dit, celui qui fait valoir le torse et les jambes.
HECTOR
Bien. (Faisant des plies.) Je me scns d'ailleurs, ce soir, dans une forme extraordinaire.
LA ROMBIÈRE, (jiil est entre, annoncé par Emile.
En effet, mon ami... Vous êtes superbe ! Le poignet?
HECTOR
En fer, mon cher président ! tâtez plutôt !
LA ROMBIÈRE, Intant.
Oui... Je viens de bonne heure parce que j'ai reçu la visite du professeur d'Astarac, notre maître d'armes. 11 m'a dit que le chevalier Pianoli, hier, dans un assaut, avait nié les coups avec un cynisme révoltant. Il disait, toutes les
fois : (Avec l'accent italien.) « Il a passé ! » Et d'Asta-
rac est très ennuyé de tirer ce soir avec lui dans ces conditions-là.
HECTOR
Rassurez-vous, j'ai trouvé le moyen d'arranger ça. On tirera à l'épée à pointe d'arrêt.
LA ROMBIÈRE.
Tenez, voici justement le chevalier Pianoli.
HECTOR, à Pianoli qui entie.
Mon cher chevalier, soyez le bienvenu. Vous êtes le héros de cette belle fête sportive, et qui marquera dans les annales de l'escrime... Tout Paris va vous acclamer ce soir.
PIANOLI.
Ze n'en doute pas, cer monsieur Le Hercheur...
Nous savons, de l'autre côté des Alpes, que vous êtes oun amator di primo cartello ! Ze souis heureux de tirer ce soir avé lé professor d'Astarac.
LA ROMBIÈRE.
C'est une lame digne de vous.
PIANOLI.
Oui, zénéral-comte ! Mais il a une furieuse manie. Celle de nier les coups de bouton !
HECTOR
Soyez tranquille, vous allez tirer à pointe d'arrêt. Vous savez? les pointes qui dépassent et qui déchirent le plastron.
PIANOLI.
Ze n'osais pas vous le demander. Ze souis content: de cette façon, ze le mettrai en pièces ! Ah ! le voici.
D'ASTARAC, entrant.
Messieurs...
HECTOR, allant à lui.
Mon cher maître... Le chevalier nous disait toute sa joie de lutter ce soir avec vous.
D'ASTARAC, à Pianoli.
Chevalier!... fii lui serre la main.) Ce sera le plus grand honneur de ma vie de m'être rencontré avec le champion de l'escrime italienne!...
PIANOLI.
L*honneur ne sera pas moins grandiose pour moi, illustrissime professor. Vous représentez pour nous cette écolo française, si belle, mais si difficile...