ACTE II, SCÈNE XIII
imprudence qui ne serait, bien entendu, qu'une imprudence !... Avec les mœurs actuelles, ces choses-là qui auraient paru exorbitantes autrefois deviennent toutes simples...
GERMAINE
Le fait est, mon pauvre ami...
Tu aurais donc commis cette imprudence toimr'me que tu pourrais me Favouer immédiatement... Et je ne me croirais pas le droit de te jijarder une rancune éternelle, à moins d'être le dernier des imbéciles... Me prends-tu pour le dernier des imbéciles?
GERMAINE
Non, le dernier, je le connais.
BRANCOUR, très gaiement.
Dis donc, Germaine, là, entre nous... Tu n'es pas venue tantôt chez Le Hercheur?
GERMAINE, même jeu.
Jamais ! Tu es fou !
BRANCOUR.
J'aime mieux ça, d'ailleurs... Vrai?
GERMAINE
Vrai !
Bien vrai ?
Bien vrai !
BRANCOUR.
GERMAINE
BRANCOUR.
Tu l'aurais fait, ce serait idiot de me le cacher... Je n'en tirerais aucune conséquence... Je suis tellement sûr que tu n'as pas de torts sérieux envers moi...
GERMAINE
Ça, je te le jure !... Tu ris?
BRANCOUR.
Oui, je ris.
Et pourquoi ?
GERMAINE
BRANCOUR.
Quelle est la petite imprudente qui est venue à huit heures chez Le Hercheur, qui le regrette de tout son cœur et qui en demande pardon à son mari ?
GERMAINE, avec élan, mais riant aussi.
C'est moi... c'est moi ! Oui... mon chéri, et je t'en demande pardon... Mais je ne veux pas te cacher plus longtemps la vérité... Oui, j'ai eu la bêtise de venir ici... J'y suis restée un quart dheure pendant lequel j'ai dû admirer de fausses épées du seizième siècle... et je te jure que je n'avais qu'un regret, celui de ne pas tavoir emmené avec moi... Maintenant, si tu veux être bien gentil, tu ne me parleras plus jamais de Le Hercheur !
BRANCOUR.
C'est entendu... c'est entendu ! je ne t'en parlerai plus jamais... et je te sais gré de ta franchise... (Un temps.) je te sais gré de ta franchise...
(Il se promène avec agitation, puis :) Combien de tcmpS
es-tu restée chez Le Hercheur?
GERMAINE
Je viens de te le dire, un quart d'heure.
BRANCOUR.
Et c'est ici, dans cette pièce qu'a eu lieu votre entretien ?