‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 233 sur 305 · ACTE II, SCÈNK III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNK III

Pour combien de temps cs-tii à Paris ?

BAROIS.

Toutes les vacances de Pâques. (A Hélène.) Villensel est iniiabitable depuis votre départ.

HÉLÈNE

Et on parle toujours de moi, là-bas?

BAROIS.

Euh ! de temps en temps... votre belle-mère a arrangé une histoire... On croit, en général, ou on feint de croire que vous allez vous réconcilier avec votre mari. Ce qui a arrêté le scandale.

HÉLÈNE

Alors, tout le monde est content... Vous dînez ce soir avec nous?

BAROIS.

Je suis désolé, je ne peux pas... Je dîne avec le chef de Cabinet du ministre... A propos, Sébastien, es-tu libre demain?

SÉBASTIEN

Parfaitement.

BAROIS.

Alors, je t'emmène à la Comédie Française... Résil m'a des places... Résil, c'est le chef de Cabinet. Tu acceptes ?

SÉBASTIEN

Avec plaisir. Je ne suis jamais aile à la Comédie- Française, ça se trouve bien.

Répète !

364 HÉLÈNE ARnOTIN

SÉBASTIEN

Quoi ?

BAROIS.

Depuis un an que tu es à Paris, tu nés jamais allé à la Comédie-Française !

SÉBASTIEN

Jamais.

BAROIS.

C'est navrant! Que veux-tu que je te dise, c'est navrant ! Et ce qu'il y a de plus grave, c'est que tu te tiens à l'écart de la vie parisienne, de la vie mondaine par principe, plutôt que par goût...

HÉLÈNE

C'est exactement ce que je disais à monsieur Real quand vous êtes entré... Comme je suis contente ! Oui, monsieur Real, oui, nous sommes tous contre vous.

SÉBASTIEN, rifint.

Alors, je dois avoir raison.

BAROIS, à Jh'léiie.

Hein?... toujours la même erreur de raisonnement. Considérer qu'on a raison quand on n'est de l'avis de personne... Eh bien! mon vieux, tu es dans une très mauvaise voie... Il y a longtemps que je te l'écris. Mets-toi bien ceci dans la tète. Aujourd'hui, on n'arrive plus seul; on n'arrive même plus le premier. On arrive en bande, très près les uns des autres et les coudes au corps. Si on veut faire le malin et sortir du peloton, on vous laisse en route et puis tout est dit. Nous sommes à l'époque des associations et des grandes armées. Tant pis pour les solitaires et tant pis pour les francs-tireurs ! Toi, tu t'es

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