ACTE H, SCÈNE X
comme mes enfants... Car vous êtes mes enfants tous les deux. Vous ne répondez pas?
HÉLÈNE, jMle.
Je suis... je suis très émue...
MADAME ARDOUIN
Je vous comprends, ma chérie.
HÉLÈNE, .ip/v.s- un {i-niiis et un t/J'orl xur elle-même.
Voulez-vous, madame, que pour nous épargner une conversation pénible, douloureuse, nous réglions la situation définitivement par un oui ou par un non?
MADAME ARDOUIN
Je ne demande pas mieux, mon enfant... En effet, un oui ou un non, ça suflit. Alors, c'est oui, je suppose ?
HÉLÈNE
C'est non !
MADAME ARDOUIN
Non?... Non?... définitivement?
HÉLÈNE
Définitivement.
MADAME ARDOUIN
Oh!
HÉLÈNE
Je suis prête à accepter la solution que vous préférerez, mon mari et vous. Nous répugnons au divorce, je crois cependant qu'à la longue nous y serons réduits. En attendant, comme nous ne pouvons pas rester dans la position équivoque et déplaisante oii nous sommes, je vais prendre l'initiative de réclamer la séparation légale.
MADAME ARDOUIN
Qu'est-ce que j'entends?... C'est insensé! La séparation, et le divorce ensuite ! Jamais !
HÉLÈNE
Trop de temps s'est écoulé. Un rapprochement entre Pierre et moi est impossible et n'a plus de sens. Je ne suis plus sa femme, je ne suis plus la femme qu'il a épousée... Nous sommes des étrangers. Je ne le connais plus I
MADAME ARDOUIN
Et voilà le résultat de vos réflexions de cet hiver ?
HÉLÈNE
Oui, madame.
MADAME ARDOUIN
Voilà ce que vous inspire le repentir sincère et loyal de votre époux !... de ce garçon, imprudent, certes, mais bon et généreux! Je comprenais votre colère sous le coup de l'ofTense, mais je vous trouve un an après aussi irréductible ! C'est cela qui n'a plus de sens ou plutôt qui en a un trop clair !
HÉLÈNE
Que voulez-vous dire, madame ?
Regardez-moi donc en face si vous l'osez !
HÉLÈNE
Tenez !
MADAME ARDOUIN
Dans vos yeux, il y a de la haine pour mon fils et pour moi !
HÉLÈNE
Quelle erreur, madame... il n'y a aucune haine. Il n'y a môme plus le souvenir de l'olTense. Il y a la révolte et le refus de tout mon être !...