‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 277 sur 305 · ACTE IV, SCtXE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCtXE I

HÉLÈNE

S'il n'y a pus d'arrière-pensée là-dessous...

MADEMOISELLE MESSANY.

(Juclle arrière-pensée peut-il y avoir? C'est ta situation à toi qui est mauvaise... mon avoué me l'a dit. En négligeant de faire constater l'absence de ton époux et les causes véritables de cette absence, tu as commis une imprudence... Tu tes interdit toute revendication ultérieure. C'est l'avoué qui parle...

HÉLÈNE

Je m'en aperçois.

MADEMOISELLE MESSANY.

Il est tout naturel aussi qu'avant d'eng^ager un procès contre toi, madame Ardouin fasse une tentative suprême de réconciliation.

HÉLÈNE

Bien inutile.

MADEMOISELLE MESSANY.

Elle ne t'en adresse pas moins des excuses...

HÉLÈN'E.

C'est si peu dans son caractère!... Une femme qui m'a presque traitée de misérable!

MADE.MOISELLE MESSANY.

On s'en dit bien d'autres dans les affaires de famille et ça ne tire pas à conséquence. Je t'assure, cette lettre est très sincère... Remarque le passage relatif h l'enfant, remarque-le. On ne te menace pas, cette foi.s-ci, on fait appel à ton cœur... Ton mari, certes, a de grands torts, et tu connais mon opinion... Mais quand je te la donnais, j'ignorais que tu avais des torts toi aussi... il ne faut pas te le dissimuler... On ne peut pas

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dire positivement que tu aies trompé ton mari puisqu'il t'avait abandonnée... Mais enfin, n'est-ce pas? tu as pris un amant, comme on dit, et tu étais mariée... Ce n'est pas g:rave, si tu veux, surtout avec les idées d'aujourd'hui, mais tu n'aurais pas pris d'amant, ça ferait une différence, tu serais dans une meilleure posture.

HÉLÈNE

Et vous en concluez?

MADEMOISELLE MESSANY.

J'en conclus que puisque madame Ardouin oublie, tu dois oublier toi aussi...

HÉLÈNE

Et me réconcilier avec mon mari !

MADEMOISELLE MESSANY.

Non, non... pas tout de suite... mais te faire peu à peu à l'idée de te réconcilier un jour avec lui... plus tard, à l'occasion, quand ça se trouvera... Il ne saura jamais ce qui s'est passé, cet homme, et ce n'est pas sa mère qui ira le lui dire.

HÉLÈNE

Ma cousine, il y a des sentiments dont vous ne comprenez pas la force. Voyez-vous, si j'en étais réduite un jour à retourner auprès de mon mari, c'est qu'il serait arrivé de tels malheurs à votre petite Hélène qu'elle n'aurait plus longtemps à vivre...

MADEMOISELLE MESSANY.

En effet, il y a des choses que je ne dois pas comprendre, je suis trop vieille...

(Parait la femme de chambre.)

LA FEMME DE CHAMBRE

Mademoiselle Marguerite Real.

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