SCENE II LA COMTESSE, LAIIURE
LA COMTESSE
Voici pourquoi je vous ai écrit. D'abord, avezvous réussi là-bas ? Votre oncle vous a-t-il bien reçu ?
LAHURE
Il m'a très bien reçu jusqu'au moment où je lui ai dit que je venaispour lui emprunter de l'argent.
LA COMTESSE
Et à ce moment-là?...
LAHURE
Il a énergiquement refusé de m'en prêter... Alors, je suis rentré à Paris.
LA COMTESSE
Bon ! bon ! D'ailleurs, nous allons causer tout à l'heure... En attendant, voici. Pendant votre absence, je me suis occupée de vous. J'ai des raisons de croire qu'il va se fonder bientôt un grand journal. Ce sont des amis à moi qui en feront les fonds... Eh bien, je veux que vous écriviez dans ce journal, Lahure... On vous y fera une très belle position, on me l'a promis.
LAIIURE.
Chère amie, nous avons eu plusieurs fois ce genre de conversation .. N'insistez pas, je vous en prie... Je suis un iiistorien, je ne suis pas un journaliste.
LA COMTESSE
Historien! C'est-à-dire qu'au lieu d'utiliser votre talent vous faites des livres d'histoire que personne ne lit !
LAIIURE.
Il y a un certain genre d'ouvrages qui sont de grands succès lorsqu'une seule personne, vous entendez, madame? une seule, se donne la peine de les lire. C'est mon cas.
LA COMTESSE
Alors, vous êtes bien décidé à ne pas travailler?... A rester dans cette situation, à votre âge?
LAHURE
Qu'est-ce que ma situation a de scandaleux ?
LA COMTESSE
Vraiment?... Tenez, Lahure, il m'est pénijjle de vous le dire... mais je vous le dis tout de même dans votre intérêt. Vous qui êtes d une excellente famille, savoz-vous quelle réputation vous avez à Paris ? Vous avez la réputation d'un bohème ! J'irai plus loin, dun tapeur. Vous passez pour devoir de l'argent à tout le monde.
LAHURE
Plût au ciel 1
LA COMTESSE
Enfin, il tous ceux qui onL consenti à vous en prêter.