SCENE VI EMMA, \'ÉLARD
Tenez, monsieur Vélard, mettez-vous là.
VÉLARD.
D'abord, il ne faut pas m'appeler monsieur. Nous voilà trop camarades avec FarjoUe, maintenant...
EMMA
Vous m'appelez bien madame !
VÉLARD.
Eh bien, je demanderai à Farjolle la permission de vous appeler Emma.
EMMA
Moi, je vous la donne. Et je suis sûre que ça fera plaisir à René. Il a beaucoup d'amilié pour vous.
VÉLARD.
Moi aussi, j'ai beaucoup d'amitié pour lui. Et pourtant, j'ai failli lui en vouloir rudement!
EMMA
A Farjolle?
VÉLARD.
Oh ! oui.
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EMMA
Et à quel moment?
Au moment où il vous faisait la cour, et où nous passions ensemble devant votre magasin. Vous étiez là, au comptoir, réfléchie et gaie en même temps, avec Tair attentif et intelligent d'une femme qui connaît la vie.
EMMA
Vous aviez remarqué ça ?
VÉL.\RD
Oh! vous étiez très séduisante... Et quand je me siis aperçu que c'était Farjolle qui vous plaisait, et pas moi, j'ai commencé par être très jaloux... et je ne suis plus revenu.
EM.MA, riant.
Oui, oui.
VÉLARD.
Ah! vous avez remarqué ça?
EMMA
Tiens! Et même, dès que j'ai été avec Farjolle, vous n'avez pas été fâché de me montrer votre nouvelle boune amie, mademoiselle Jeanne d'Estrelle, qui est une des plus jolies femmes de Paris, ça on ne peut pas dire le contraire.
VÉLARD.
Oui, elle est très jolie, mais elle n'a aucune personnalité. Elle ressemble à toutes les jolies feuimes de ce monde là. Elle est fabriquée par sa couturière et sa modiste, tandis que vous, vous ne ressemblez à personne... C'est pour cela que vous avez une personnalité...