‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 21 sur 272 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Uiil...

POSTEE.

Oh! patron, vous n'avez pas tout de môme la langue dans votre poche.

Autrefois, je ne dis pas. A la fin de l'Empire, j'ai pr(^sidé avec assez d'autorité des séances tumultueuses.

MONTFERRAX.

Croyez-vous que je l'ignore? Mais vous êtes mieux qu'un orateur : vous êtes un homme d'action, un vétéran des jours difficiles. Vous n'aurez, pour électriser la salle, qu'à raconter, par exemple, les circonstances dans lesquelles vous avez été blessé, le 2a mai, à côté de Delescluze.

MARESCOT

Comment, vous savez?...

MONTFERRAX.

C'est de l'histoire.

Oh!

L ATTENTAT

MARESCOT

MONTFERRAX.

Allons, c'est entendu. Je vous prédis un triomphe. Nous sommes donc d'accord sur le programme... Allocution du citoyen Marescot, ancien combattant de soixante et onze, ma conférence... et, comme spectacle classique, Phèdre, avec Julia Dorfeuil.

LA MÈRE TOUQUET

Oh ! je l'ai vue jouer.

Où cela?

LA MÈRE TOUQUET

A la Porte-Saint-Martin, dans la Tour de Nesie, elle faisait Marguerite. Et puis à l'Ambigu, dans la Jeunesse des Mousquetaires... Elle faisait la mauvaise femme, qui a un nom étranger.

MOXTFERRAN.

Mi lad y.

LA MÈRE TOUQUET

Milady, c'est ça... Ah! si je m'en souviens! Une si Belle femme et une si belle voix !

MOXTFERR.VX.

Eh bien! c'est elle qui jouera Phèdre... Je vais faire poser l'affiche le plus tôt possible sur tous les murs du quartier... Au revoir, mes amis... Je compte sur vous pour la représentation... et si vous avez besoin de moi pour quoi que ce soit, ne vous gênez pas... Je suis tout à votre disposition.

// leur aerre la main.)

si;i:nf: x

GRAFFARD. pe/!(/.'i/if que Munlferran se dirige vern lu porte.

Dites donc, patron, j'ai envie de lui demander quelque chose... quoique ça me dégoûte bien... Si on profitait de l'occasion. . . pour mes deux jours de prison...

En eiïet... (.4 Monifemin.) Citoycu député...

MONÏFERRAN.

Quoi donc?

MARESCOT

Graffard aurait justement une requête à vous adresser.

MOXTFERRAN.

A moi?... Comment donc?... C'est avec plaisir...

MARESCOT

Figurez-vous, citoyen, que Graffard n'a pas déclaré son changement de résidence, pour éviter de faire vingt-huit jours, et cet oubli lui a valu de la gendarmerie une invitation à passer deux nuits en prison.

GRAFFARD

Dame! moi... le service militaire...

MONTFERRAN.

Ah! là-dessus, mon cher Graffard, il n'y a qu'une opinion... Vous avez eu tort, je vous le dis nettement. Le devoir militaire est le devoir de tout citoyen. La France ne peut pas se passer d'une armée redoutable pour sauvegarder son indépendance. Votre patron ne me démentira pas, j'en suis sûr, lui qui a marché avec la garde nationale pendant le siège de Paris et, plus tard, avec les fédérés, pour protester contre une paix honteuse. Vous étiez même capitaine, je crois.

40 l'attentat

Sergent, pendant le siège, et chef de bataillon. sous la Commune.

MONTFERnAX. // Gi\,[J-:iv<l.

Vous voyez... L'obligation de servir, qui vous gène quelquefois, je le comprends, est une expression du patriotisme dont nous sommes tous animés, à quelque parti que nous appartenions. Ce n'est pas une raison, d'ailleurs, pour qu'on vous rende cette nécessite amère et que vous fassiez deux jours de prison. J'arrangerai ça. Où demeurez-vous ?

GRAFFAUD.

Rue Vallès.

MOXTFERRAN.

Mais alors, vous êtes mon électeur ! Et vous ne m'avez jamais rien demandé?

GRAFFARD

Manque d'habitude.

MOXTFERRAN.

Allons ! Envoyez-moi tout de suite une petite note... Et à bientôt, mes amis !...

MARESCOT

Je vous accompagne.

LA MÈRE TOUQUET. pendant que Monlferran et Marescot j)assenl dans la boutique et referment la porte.

Et pas fier avec ça... Il a tout pour lui!

acit: I, s< :i:m: xi

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