ACTE II, SCIiNE V
LEBRASIER.
Oh!
PIÉGOIS.
Lebrasier! Il est en train 4p fftjre une petite fortune.
HENRIETTE
Quel cachottier!
LEBRASIER.
Une petite matérielle comme on dit là-bas, voilà tout.
Si tu n'étais pas bête, puisqu'on ce moment-ci tu gagnes tous les soirs, ce qui ne durera pas, — tu crois que ça durera, mais ça ne durera pas, — tu confierais tes bénéfices quotidiens à un ami qui ne te les rendrait qu'à ton départ...
HENRIETTE
Voilà une idée sage... Lebrasier, confiez-moi votre argent... et tout de suite!...
PIÉGOIS.
Oui, madame, forcez-le... 11 opposera d'abord une certaine résistance.
HENRIETTE
Dévalisons Lebrasier!
LEBRASIER. si> bouloimanl.
Permettez!... perjuettez!
HENRIETTE
Nous allons voir si vous ^yez confiance en moi. . .
LEBRASIER.
Oh! si vous posez la question sur ce terrain,
368 MONSIELn PIKGOIS
je m'incline... Et, d'ailleurs, je crois que je fais sagement.
HENRIETTE
Donnez, Lebrasier!
Donne donc...
LEBRASIER. tirant des billets de son portefeuille.
Voici, madame, voici... J'en garde un tout petit peu pour continuer.
HENRIETTE, comptant les billets.
Mais vous avez gagné des sommes énormes!... Je vous rendrai tout ça à Paris...
PIÉGOIS.
Ne vous laissez pas attendrir, madame...
HENRIETTE
Soyez tranquille.
(Elle sort un instant par la petite porte de gauche, pour enfermer l'argent que vient de lui donner Lebrasier.)
SUZANNE, A la table à café.
Combien de morceaux, monsieur Piégois?
PIÉGOIS.
Autant que vous le voudrez.
SUZANNE, riant.
Vous vous en rapportez à moi?
PIÉGOIS.
Les yeux fermés.
(Suzanne met quatre morceaux de sucre.)