SCENE V JACQUES, PLESNOIS
JACQUES
Vous disiez donc, cher ami?...
PLESNOIS.
Je disais : qu'est-ce que la jalousie ? C'est une des formes de la curiosité. C'est la forme la plus aiguë de la curiosité.
JACQUES
Je vous suis.
ACTK I, SCKNK V I ") I
PLESNOIS.
Satisfaites la curiosité, vous épuisez la jalousie.
JACQUES
Après ?
PLESNOIS.
Partant de ce principe...
C'est de ce principe-là que vous êtes parti?
PLESNOIS.
Absolument, et je me suis demandé : avec qui ma femme est-elle susceptible de me tromper?
JACQUES
Tout est là.
PLESNOIS.
Je dois le connaître. Car ma femme est trop intelligente et trop bien élevée pour me tromper avec quelqu'un que je ne connaîtrais pas. Cherciions donc parmi nos amis. Kt j'ai été amené à la suite de reclierches sérieuses à établir que, si Marguerite me trompait, ce ne pouvait être qu'avec Le Houssel ou Molineuf, qu'elle ne quitte pas, avec qui elle va aux courses, au théâtre...
JACQUES
Oh ! des camarades...
PLESNOIS.
Laissez-moi continuer. J'ai écarté tout de suite Le iloussel qui passe sa vie à entretenir des cocoltos. RestaitMolineuf, et c'est ici que triomphe ma méthode.
JACQUES
Ah!
PLESNOIS.
Molineuf a quarante-cinq ans, c'est un homme usé. Et voyez- vous ma femme me trompant avec
|!)2 T.A nounsH oi' i.a vie
lin homme usé? Ce serait hou (Ton! Donc elle ne me trompe pas avec Molineuf. Et comme je viens de démontrer qu'elle ne pouvait me tromper qu'avec lui, il s'ensuit qu'elle ne me trompe pas, et par conséquent je serais bien bête d'être jaloux. Voilà !