‹ Théâtre completChapitre 1026 sur 1720 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

IRENE, ALEXIS; GARDES, qui se retirent après avoir mis un trophée aux pieds d'Irène.

ALEXIS

Je mets à vos pieds, en ce jour de terreur, Tout ce que je vous dois, un empire et mon cœur. Je n'ai point disputé cet empire funeste; Il n'était rien sans vous : la justice céleste N'en devait dépouiller d'indignes souverains Que pour le rétablir par vos augustes mains. Régnez, puisque je règne, et que ce jour commence Mon bonheur et le vôtre, et celui de Byzance.

IRÈNE

Quel bonheur effroyable! ah, prince, oubliez-vous Que vous êtes couvert du sang de mon époux?

ALEXIS

Oui! je veux de la terre effacer sa mémoire; Que son nom soit perdu dans l'éclat de ma gloire; Que l'empire romain, dans sa félicité, Ignore s'il régna, s'il a jamais été.

Je sais que ces grands coups, la première journée, Font murmurer la Grèce et l'Asie étonnée; Il s'élève soudain des censeurs, des rivaux : Bientôt on s'accoutume à ses maîtres nouveaux; On finit par aimer leur puissance établie : Qu'on sache gouverner, madame, et tout s'oublie. Après quelques moments d'une juste rigueur, Que l'intérêt public exige d'un vainqueur, Ramenez les beaux jours où l'heureuse Livie Fit adorer Auguste à la terre asservie.

IRÈNE

Alexis! Alexis! ne nous abusons pas :

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