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SCÈNE III

LISE, MARTHE, EUPHÉMON fils, s'appm/ant sur JASMIN.

EUPHÉMON FILS.

La voix me manque et je ne puis marcher; Mes faibles yeux sont couverts d'un nuage.

JASMIN

Donnez la main; venons sur son passage.

EUPHÉMON FILS.

Un froid mortel a passé dans mon cœur.

(A Lise.) Souffrirez-vous...?

LISE, sans le regarder.

Que voulez-vous, monsieur?

EUPHÉMON FILS, se jetant à genoux.

Ce que je veux? la mort que je mérite.

LISE

Que vois-je ? r» ciel !

MARTHE

Quelle étrange visite!

C'est Euphémon! grand Dieu! qu'il est changé!

Oui, je le suis; votre cœur est vengé;

Oui, vous devez en tout me méconnaître :

Je ne suis plus ce furieux, ce traître,

Si détesté, si craint, dans ce séjour,

Qui fit rougir la nature et l'amour.

Jeune, égaré, j'avais tous les caprices ;

De mes amis j'avais pris tous les vices;

Et le plus grand, qui ne peut s'effarer.

Le plus affreux, fut de vous offenser.

J'ai reconnu (j'en jure par vous-même,

Par la vertu que j'ai fui, mais que j'aime),

J'ai reconnu ma détestable erreur ;

Le vice était étranger dans mon cœur :

Ce cœur n'a plus les taches criminelles

Dont il couvrit ses clartés naturelles;

Mon feu pour vous, ce feu saint et sacré,

Y reste seul; il a tout épuré.

C'est cet amour, c'est lui qui me ramène.

Non pour briser votre nouvelle chaîne.

Non pour oser traverser vos destins;

Un malheureux n'a pas de tels desseins :

Mais quand les maux où mon esprit succombe

Dans mes beaux jours avaient creusé ma tombe,

A peine encore échappé du trépas,

Je suis venu ; l'amour guiriait me- pas.

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